9 mai 2021

Des Bartavelles en pagaille, c’est la pagaille chez les Perdrix

Lavauden (1932) révèle toute la difficulté qu’ont les scientifiques à faire valoir la véritable Bartavelle. On a voulu en voir partout, dit-il. Déjà Toussenel, en 1860, avait écrit : « Le monde est plein de gens qui s’imaginent avoir occis des centaines de Bartavelles, et qui n’en ont jamais vu voler une seule. » Encore à l’époque de Lavauden on parlait de Bartavelles dans les Pyrénées, les Cévennes, le Périgord et jusqu’en Afrique du Nord. C’est donc en vain que des ornithologue tels Saunders, Blasius ou lui-même se sont attaqués à une légende qui est définitivement tenace. Dans la Gloire de mon père, ce sont des Bartavelles qui sont annoncées alors qu’elles n’ont jamais approché Marseille.

En réalité, Lavauden (1932) le précise, la Bartavelle (Alectoris graeca) n’existe en France que dans une partie des Alpes. Il en dresse la cartographie que nous reproduisons ici. C’est la Perdrix rouge (Alectoris rufa) qui est à l’origine de toutes les confusions. Bien que les deux oiseaux puissent s’hybrider (Rochassière), de tels hybrides sont dans les années 1930 introuvables dans la mesure où les aires de répartition des deux oiseaux se séparent suite au recul des Perdrix rouges dans les Alpes.

Lavauden L. 1932La Faune cynégétique des Alpes françaises. – Conférence du 20 juin 1932.