9 mai 2021

Un Chélonien terrestre en France : la Tortue d’Hermann

La Tortue d’Hermann (Testudo hermanni Gmelin, 1789) est un Reptile Quasi Menacé (NT 2004 UICN) appartenant à la famille des Testudinidés. – ©© byncsa – Philippe Gourdain – INPN©© byncsa – Philippe Gourdain – INPN

Chez cette espèce les femelles sont plus grandes que les mâles : elles mesurent jusqu’à 27 cm contre 24 pour les mâles ; elles pèsent jusqu’à 4 kg. Les population occidentales (sous-espèce type) ont des individus plus petits (respectivement 19 et 17 cm ; plus grandes en Corse que dans le Var). En France, Testudo graeca échappée, est la seule source de confusion, car la Tortue d’Hermann est l’unique espèce de Tortue terrestre du pays. On peut y trouver dans les mêmes conditions la sous-espèce orientale boettgeri.

  • Testudo hermanni hermanni Gmelin, 1789 – Tortue d’Hermann s.str., plus foncée, avec marques ventrales massives et continues – Depuis l’Espagne à l’ouest de l’Italie, par la France, très localement. Corse, Sardaigne, Sicile, Baléares.
  • Testudo hermanni boettgeri [A préciser] (incl. : hercegovinensis Linnaeus, 1758 et peloponnesica Werner, 1899) – Tortue des Balkans, plus claires avec marques ventrales discontinues – Ce taxon tends à être considéré comme une bonne espèce. – Depuis l’est de l’Italie et les Balkans à la Turquie d’Europe.

Les populations du Var semblent métissées (hermanni x boettgeri).

Présente depuis l’Espagne à la Turquie d’Europe, en passant par la zone méditerranéenne, selon un répartition pour partie très morcelée. La sous-espèce occidentale est en fort déclin. En France (VU 2015), cette espèce ne se trouve plus que dans le Var (EN 2016, régression et déclin) et en Corse (VU 2017, déclin). Réintroduite dans les années 1970 à Port Cros, ne semble pas s’être maintenue. Elle a disparu des Pyrénées Orientales. Habite l’essentiel des formations végétales méditerranéennes, mais plutôt des boisements clairs en Corse, notamment des chênaies, ou des zones agricoles prairiales. Elle préfère les habitats collinéens jusqu’à 600 m d’altitude. La maturité sexuelle intervient vers l’âge de 10-11 ans chez les mâles et 12-13 ans chez les femelles. Les accouplements ont lieu au printemps ou en fin d’été, mais peuvent survenir à d’autres périodes. Les pontes (deux par ans), trois ou quatre œufs tout au plus, se font principalement vers la fin du printemps. Les jeunes éclosent alors en fin été, début septembre. Malgré le très faible nombre d’œufs, la mortalité est élevée pendant la période d’incubation. L’hibernation a lieu entre mi-novembre et mi-mars. Cette espèce est essentiellement diurne. Longévité de 40 ans (100 ans en captivité). L’espèce est régulièrement utilisée par les terrariophiles et peut s’échapper çà et là. Seuls des individus pucés et nés en captivité sont autorisés dans ce domaine.

  • Cheylan M. & al. 2009 – Plan national d’actions en faveur de la Tortue d’Hermann, Testudo hermani hermani. – DREAL. – PDF LINK