30 novembre 2020

Une nidification d’abord méconnue chez le Macareux moine en France

Planche de Morris (1857)

Morris (1857) qui ne connaît pas de reproduction en France, signale que l’espèce y est toutefois capturée, de même qu’en Espagne, Pays Bas et a été signalée en Italie en 1823 à une occasion. Selon cet auteur, l’espèce est extrêmement abondante en Islande, aux Shetland, Laponie et Norvège tout comme en d’autres endroits de Scandinavie. Aussi la nidification de cet oiseau selon d’autres sources, nombreux en France, n’avait pas encore été comprise par certains auteurs.

Il nichait néanmoins en France, en Normandie au niveau de La Hague jusqu’au moins au milieu du XIXe siècle et à Antifer jusque dans les année 1930-40. Il était à la même époque en Bretagne et était commune sur les îles comme à Houat (Morbihan), aux Sept-Îles (Côtes d’Armor) ou aux Tas de Pois (Finistère). Ce sont plusieurs milliers de couples qui sont signalées dans les année 1870. Degland & Gerbe (1867) disent qu’il est de passage jusqu’à Bayonne et qu’il se reproduit en grand nombre sur les îles de Bretagne, au Aurigny et Etretat principalement. Au début du XXe siècle l’espèce était en fort déclin. La protection de l’île du Rouzic en 1913 a été le premier pas de la création de la Réserve des Sept-Îles et un acte fondateur de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO). C’était dans les années 1930, un nicheur très commun sur quelques îlots des côtes bretonnes ou des îles anglo-normandes, l’oiseau étant très commun en période internuptiale selon l’ensemble de la façade Atlantique, jusqu’à la mer du Nord et il se voyait en Méditerranée, y compris en Corse (Mayaud 1936). Les effectifs ont augmenté jusque dans les années 1950, atteignant le nombre d’environ 10000 couples. Ils se sont ensuite littéralement effondré jusque dans les années 1990, avec plus que 460-470 couples en 1978, 250 à la fin des années 1980, 250-320 dans les années 1990 ! Les marées noires à répétition ont atteint sensiblement les populations. S’il nichait dans la Baie de Morlaix au XIXe siècle, il ne restait que 10 couples en 1993, puis l’espèce a disparu. A Ouessant où vivaient 20-30 couples dans les années 1950-60, il n’en reste pas plus de 5 dans les années 2000. L’espèce ne niche plus à Molène depuis 1979, alors qu’il y avait 130 couples en 1956. De même l’espèce a disparu de la Presqu’île de Crozon dans les années 1970. Il nichait toujours dans le Morbihan, à Houat dans les années 1920. Partout cet Oiseau a régressé ou disparu en France : il ne reste plus que 136-201 couples en 2006 en quelques rares points du pays.

Références

  • Degland C.D. & Gerbe Z. 1867 Ornithologie européenne. Tome II. – Baillière et fils, Paris.
  • Dubois P.J. & al. 2008 – Nouvel inventaire des Oiseaux de France. – Del. & Niestl., Paris.
  • Morris F.O. 1857 – A History of British Birds. Vol. VI. – London.