29 novembre 2020

Une Huppe et quatre Upupa

Il existe, ou plutôt il a existé quatre Huppes du genre Upupa (famille des Upupidés) dans le Monde. En effet une d’elle, la Huppe de l’île Ste Hélène [2020] (Upupa antaios) a disparu au XVIe siècle. On trouve encore la Huppe d’Afrique [2020] (Upupa africana) qui se trouve en Afrique méridionale et la Huppe de Madagascar [2020] (Upupa marginata). L’espèce dont la répartition est de loin la plus vaste, est la Huppe fasciée (Upupa epops). Elle présente des populations au comportement divers : migratrice dans le centre et le sud de la zone Paléarctique, sédentaire ou hivernante dans le sud de la Méditerranée et dans la zone tropicale.

shared – © Marc Solari – Nature, Faune & Flore d’Alsace

On observe la Huppe fasciée depuis les îles Atlantique (Madère, Canaries) au Pacifique, en passant par l’Afrique du Nord et l’Eurasie qu’elle occupe à latitude moyenne. Manque aux îles Britanniques, à la Scandinavie et au Japon. Elle est aussi largement présente et sédentaire en Afrique depuis le Sénégal à la Somalie et au nord du Kénya et quelques autres stations isolées. Par ailleurs le Sud de l’Asie, notamment l’Inde et le Sri Lanka et l’Asie du Sud-Est sont de la même manière une aire permanente pour l’espèce. Seul le Nord-Ouest de l’Inde est une zone d’hivernage stricte. Elle est en déclin depuis le XIXe siècle en Europe, notamment occidentale, mais elle semble stabilisée depuis les années 1990 sur fond de fluctuations. L’hivernage se fait dans le Sud de la Péninsule Ibérique, localement désormais en France méridionale, ainsi que dans l’aire permanent de la moitié Nord de l’Afrique, plus au sud on notera une fine zone, comme en Somalie où l’espèce n’est notée qu’en hiver, côté Asie l’aire permanente est investie en hiver et concerne le Sud et le Sud-Est de l’Asie.

Répartition des Huppes de Madagascar, d’Afrique et fasciée

La Huppe fasciée recherche à la fois les milieux ouverts ou semi-ouverts, avec des zones où le sol est nu ou facilement accessible (nourriture) et présence de cavités (murs, arbres, cavités dans le sable… ; nidification). Les sites avec de grands Mammifères comme les prés pâturés lui conviennent plus particulièrement, mais elle aime aussi les landes sablonneuses, les milieux steppiques ou les vignobles ; quelques tendances anthropophiles parfois. Les Huppes reviennent en Europe entre fin mars et mai. Elles chantent dès leur arrivée, les femelle étant légèrement plus tardives que les mâles. Les 4 à 8 œufs sont couvés pendant 15-18 jours environ, envol à l’âge de 4 semaines. Une seule nichée annuelle en Europe. Le site de nidification est particulièrement nauséabond et doit repousser ainsi les prédateurs. Les familles sont vagabondes après l’envol et avant le départ. Les départs migratoires ont lieu dès le mois d’août, mais des oiseaux sont observés jusqu’en octobre. Sa longévité approche les 11 ans. Cette espèce est exclusivement insectivore.

Evolution de la Huppe fasciée en Rhône-Alpes

Méridionale, la Huppe fasciée manque dans le Nord de la France, très éparse en Bretagne, Normandie, Picardie, Nord et dans les Vosges. Présente en Corse. Migratrice, quelques oiseaux hivernent depuis les années 1990 dans les Pyrénées Orientales (Aleman 2000). On comptait de 30.000 à 50.000 couples en France dans les années 2000. Les populations paraissent stables sur fond de fluctuations depuis les années 1990. A la différence de l’Europe et de la France où l’espèce paraît stabilisée récemment, le déclin en Rhône-Alpes est particulièrement marqué depuis les années 2000, avec une perte passant les 70%. Paradoxalement en regard de ces résultats, on parle de progression par ailleurs dans la région !

©© bysa – Raju Kasambe – Inde le 13 décembre 2014 – Wikimedia commons
Planche de Gould (XIXe siècle)

Dans les Deux Sèvres elle est présente partout et est encore fréquente dans les villages et connue même dans la ville de Niort. Elle arrive sur le département en moyenne le 18 mars (1er mars – 7 avril) et part le 6 septembre (25 août-20 octobre), elle reste donc pendant six mois de l’année. Une observation hivernale le 7 décembre 2006 à Coulon. Elle tends à être de plus en plus précoce d’une dizaine de jours : arrivée vers le 21 mars dans les années 1970-1980, le 11 mars dans les années 2000-2010. Par contre les départs n’ont pas changé de manière significative au cours des 30 dernières années.

La Huppe fasciée mesure jusqu’à 32 cm pour une envergure maximale de 46 cm et un poids de 80 g au plus.

  • Upupa epops epops Linnaeus, 1758
  • Upupa epops ceylonensis [A préciser] – Sri Lanka et une large part de l’Inde où se trouve aussi le type. Plus petite et plus rougeâtre.
  • Upupa epops major [A préciser] – Afrique du Nord. Elle est plus grande et avec des zones blanches plus étendues que le type.
  • Upupa epops saturata [A préciser] – Sibérie, Tibet, Chine, serait aussi au Japon [?]. Taxon plus pâle que le type.
  • Upupa epops senegalensis [A préciser] – Depuis le Sénégal à la Corne de l’Afrique, zone sahélienne notamment. Ailes plus massives.
  • Upupa epops waibeli [A préciser] – Depuis le Cameroun au Nord du Kénya. Un peu plus grande que la senegalensis et zones blanches plus étendues.

Quelques références

  • Aleman Y. 2000 – L’hivernage de la huppe fasciée Upupa epops dans les Pyrénées-Orientales. – Méridionalis, 2 : 40-41.
  • Boisseau M. 2015 – Huppe fasciée – Upupa epops. – Deux-Sèvres. – PDF LINK