7 mars 2021

Une Huppe et quatre Upupa

Il existe, ou plutĂ´t il a existĂ© quatre Huppes du genre Upupa (famille des UpupidĂ©s) dans le Monde. En effet une d’elle, la Huppe de l’Ă®le Ste HĂ©lène [2020] (Upupa antaios) a disparu au XVIe siècle. On trouve encore la Huppe d’Afrique [2020] (Upupa africana) qui se trouve en Afrique mĂ©ridionale et la Huppe de Madagascar [2020] (Upupa marginata). L’espèce dont la rĂ©partition est de loin la plus vaste, est la Huppe fasciĂ©e (Upupa epops). Elle prĂ©sente des populations au comportement divers : migratrice dans le centre et le sud de la zone PalĂ©arctique, sĂ©dentaire ou hivernante dans le sud de la MĂ©diterranĂ©e et dans la zone tropicale.

shared – © Marc Solari – Nature, Faune & Flore d’Alsace

On observe la Huppe fasciĂ©e depuis les Ă®les Atlantique (Madère, Canaries) au Pacifique, en passant par l’Afrique du Nord et l’Eurasie qu’elle occupe Ă  latitude moyenne. Manque aux Ă®les Britanniques, Ă  la Scandinavie et au Japon. Elle est aussi largement prĂ©sente et sĂ©dentaire en Afrique depuis le SĂ©nĂ©gal Ă  la Somalie et au nord du KĂ©nya et quelques autres stations isolĂ©es. Par ailleurs le Sud de l’Asie, notamment l’Inde et le Sri Lanka et l’Asie du Sud-Est sont de la mĂŞme manière une aire permanente pour l’espèce. Seul le Nord-Ouest de l’Inde est une zone d’hivernage stricte. Elle est en dĂ©clin depuis le XIXe siècle en Europe, notamment occidentale, mais elle semble stabilisĂ©e depuis les annĂ©es 1990 sur fond de fluctuations. L’hivernage se fait dans le Sud de la PĂ©ninsule IbĂ©rique, localement dĂ©sormais en France mĂ©ridionale, ainsi que dans l’aire permanent de la moitiĂ© Nord de l’Afrique, plus au sud on notera une fine zone, comme en Somalie oĂą l’espèce n’est notĂ©e qu’en hiver, cĂ´tĂ© Asie l’aire permanente est investie en hiver et concerne le Sud et le Sud-Est de l’Asie.

RĂ©partition des Huppes de Madagascar, d’Afrique et fasciĂ©e

La Huppe fasciĂ©e recherche Ă  la fois les milieux ouverts ou semi-ouverts, avec des zones oĂą le sol est nu ou facilement accessible (nourriture) et prĂ©sence de cavitĂ©s (murs, arbres, cavitĂ©s dans le sable… ; nidification). Les sites avec de grands Mammifères comme les prĂ©s pâturĂ©s lui conviennent plus particulièrement, mais elle aime aussi les landes sablonneuses, les milieux steppiques ou les vignobles ; quelques tendances anthropophiles parfois. Les Huppes reviennent en Europe entre fin mars et mai. Elles chantent dès leur arrivĂ©e, les femelle Ă©tant lĂ©gèrement plus tardives que les mâles. Les 4 Ă  8 Ĺ“ufs sont couvĂ©s pendant 15-18 jours environ, envol Ă  l’âge de 4 semaines. Une seule nichĂ©e annuelle en Europe. Le site de nidification est particulièrement nausĂ©abond et doit repousser ainsi les prĂ©dateurs. Les familles sont vagabondes après l’envol et avant le dĂ©part. Les dĂ©parts migratoires ont lieu dès le mois d’aoĂ»t, mais des oiseaux sont observĂ©s jusqu’en octobre. Sa longĂ©vitĂ© approche les 11 ans. Cette espèce est exclusivement insectivore.

Evolution de la Huppe fasciée en Rhône-Alpes

MĂ©ridionale, la Huppe fasciĂ©e manque dans le Nord de la France, très Ă©parse en Bretagne, Normandie, Picardie, Nord et dans les Vosges. PrĂ©sente en Corse. Migratrice, quelques oiseaux hivernent depuis les annĂ©es 1990 dans les PyrĂ©nĂ©es Orientales (Aleman 2000). On comptait de 30.000 Ă  50.000 couples en France dans les annĂ©es 2000. Les populations paraissent stables sur fond de fluctuations depuis les annĂ©es 1990. A la diffĂ©rence de l’Europe et de la France oĂą l’espèce paraĂ®t stabilisĂ©e rĂ©cemment, le dĂ©clin en RhĂ´ne-Alpes est particulièrement marquĂ© depuis les annĂ©es 2000, avec une perte passant les 70%. Paradoxalement en regard de ces rĂ©sultats, on parle de progression par ailleurs dans la rĂ©gion !

©© bysa – Raju Kasambe – Inde le 13 dĂ©cembre 2014 – Wikimedia commons
Planche de Gould (XIXe siècle)

Dans les Deux Sèvres elle est prĂ©sente partout et est encore frĂ©quente dans les villages et connue mĂŞme dans la ville de Niort. Elle arrive sur le dĂ©partement en moyenne le 18 mars (1er mars – 7 avril) et part le 6 septembre (25 aoĂ»t-20 octobre), elle reste donc pendant six mois de l’annĂ©e. Une observation hivernale le 7 dĂ©cembre 2006 Ă  Coulon. Elle tends Ă  ĂŞtre de plus en plus prĂ©coce d’une dizaine de jours : arrivĂ©e vers le 21 mars dans les annĂ©es 1970-1980, le 11 mars dans les annĂ©es 2000-2010. Par contre les dĂ©parts n’ont pas changĂ© de manière significative au cours des 30 dernières annĂ©es.

La Huppe fasciĂ©e mesure jusqu’Ă  32 cm pour une envergure maximale de 46 cm et un poids de 80 g au plus.

  • Upupa epops epops Linnaeus, 1758
  • Upupa epops ceylonensis [A prĂ©ciser] – Sri Lanka et une large part de l’Inde oĂą se trouve aussi le type. Plus petite et plus rougeâtre.
  • Upupa epops major [A prĂ©ciser] – Afrique du Nord. Elle est plus grande et avec des zones blanches plus Ă©tendues que le type.
  • Upupa epops saturata [A prĂ©ciser] – SibĂ©rie, Tibet, Chine, serait aussi au Japon [?]. Taxon plus pâle que le type.
  • Upupa epops senegalensis [A prĂ©ciser] – Depuis le SĂ©nĂ©gal Ă  la Corne de l’Afrique, zone sahĂ©lienne notamment. Ailes plus massives.
  • Upupa epops waibeli [A prĂ©ciser] – Depuis le Cameroun au Nord du KĂ©nya. Un peu plus grande que la senegalensis et zones blanches plus Ă©tendues.

Quelques références

  • Aleman Y. 2000 – L’hivernage de la huppe fasciĂ©e Upupa epops dans les PyrĂ©nĂ©es-Orientales. – MĂ©ridionalis, 2 : 40-41.
  • Boisseau M. 2015 – Huppe fasciĂ©e – Upupa epops. – Deux-Sèvres. – PDF LINK