7 mars 2021

Un invasion réussie pour la Coccinelle asiatique (Harmonia axyridis)

La Coccinelle asiatique ou Harmonia axyridis (Pallas, 1773) est un ColĂ©optère de la famille des CoccinellidĂ©s. Comme son nom l’indique, elle est originaire d’Asie. Elle a Ă©tĂ© introduite Ă  des fins de lutte biologique. Elle tends Ă  rĂ©duire la BiodiversitĂ© locale, par compĂ©tition avec d’autres Acidophages.

Elle a Ă©tĂ© importĂ©e de Chine en 1982, Ă  des fins d’utilisation en lutte biologique. Son acclimatation en Europe a Ă©tĂ© indiquĂ©e dans la rĂ©gion de Francfort en Allemagne dès 1999, mais son expansion non notĂ©e avant 2002. Elle est mise en Ă©vidence en Belgique dès 2001. En 2004, la quasi totalitĂ© de ce pays Ă©tait colonisĂ©e et il s’agit dĂ©sormais d’une espèce tout Ă  fait commune dans celui-ci. L’espèce est aux Pays Bas dès 2002, en Grande Bretagne dès 2004, puis au Luxembourg et en Suisse.

La Coccinelle asiatique est naturellement prĂ©sente depuis le Japon Ă  cĹ“ur de la Russie dans le domaine tempĂ©rĂ©. Elle est globalement en augmentation, notamment suite Ă  son introduction sur d’autres continents. Elle a ainsi Ă©tĂ© introduite en AmĂ©rique du Nord et en Europe, en Afrique du Sud, Egypte, autant de rĂ©gions du Monde oĂą elle se rĂ©pands rapidement. Il a fallu près de 10 ans seulement pour que toute la France, Corse comprise soit colonisĂ©e (2004-2014).

Les observations se multiplient en France depuis 2004. Les cartes ci-dessous rendent compte de sa progression tout Ă  fait spectaculaire depuis le Nord-Ouest du pays, ainsi que probablement depuis la Provence plus rĂ©cemment. Première indication rhĂ´nalpine, ponctuelle, en Isère en 2006, l’espèce est dĂ©sormais signalĂ©e sur tous les dĂ©partements et se dĂ©veloppe de manière prĂ©fĂ©rentielle dans l’agglomĂ©ration lyonnaise, l’est lyonnais et depuis le GrĂ©sivaudan Ă  la cluse de ChambĂ©ry et du lac du Bourget.

Cartographie 2005 et 2009 selon Ternois & col. (2009)

Dans la mesure oĂą l’espèce est dĂ©sormais prĂ©sente sur l’ensemble du pays, Corse comprise (2014), l’effort de cartographie nationale a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©e.

Il s’agit d’une espèce très dispersive, volant rĂ©solument entre les plantes hĂ´tes pendant la pĂ©riode de reproduction. Elle migre sur de longues distances en Asie et en AmĂ©rique. Arboricole, polyphage, elle se nourrissant principalement de pucerons (acidophagie). En automne, les imagos peuvent se nourrir de fruits. A cette Ă©poque de l’annĂ©e, les individus se rapprochent des maisons et forment des groupes agrĂ©gĂ©s très importants. Les individus se rassemblent alors en grand nombre dans ou Ă  proximitĂ© des habitations vers les mois d’octobre ou novembre. Les rassemblements interviennent lorsque les tempĂ©ratures descendent sous 18°C dans la journĂ©e. Cette activitĂ© qui dure 2 Ă  3 semaine, cesse ensuite. Cette Coccinelle a assez peu de prĂ©dateurs, et, elle semble dĂ©daignĂ©e par les Oiseaux. On connaĂ®t des GuĂŞpes ou des Champignons parasites.

©© bysa – Cyrille Deliry – Histoires Naturelles – Sommevoire le 25 octobre 2009

Quelques références

  • Adriens T. & al. 2005 – La Coccinelle asiatique, Harmonia axyridis. – Insecte, 136 (1).
  • Coutanceau J.P. 2006 – Harmonia axyridis (Pallas, 1773) : une Coccinelle asiatique introduite, acclimatĂ©e et en extension en France. – Bulletin de la SociĂ©tĂ© entomologique de France, 111 (3) : 395-401.
  • Ternois V. & col. 2009 – Observatoire permanent pour le suivi de la Coccinelle asiatique Harmonia axyridis (Pallas, 1773) en France. – ONLINE