4 décembre 2020

Poissons d’eau douce de France

En préparation

Extrait de Keith & Allardi (2001)- © inside

La plupart de nos Poissons sont des Actinoptérygiens, c’est à dire des Poissons à nageoires rayonnées. Actuellement le concept de Poissons n’est plus accepté car il s’agit d’un système paraphylétique. En d’autres termes, si les Poissons existent, tous les Vertébrés sont des Poissons, y compris les Oiseaux ou les Mammifères ! Il convient donc d’accepter que cet ensemble aujourd’hui en phase de tomber en désuétude est composé de plusieurs groupes ayant une même valeur phylogénétique que d’autres ensembles de Vertébrés : les Myxines, les Lamproies, les Sélaciens ou Chondrichthyens sont autant d’ensembles primitifs. Les autres Vertébrés sont des Ostéichthyens ce qui signifie Poissons à squelette osseux. Tant la Grenouille que le Crocodile ou que l’Homme appartiennent à cet ensemble où on trouve outre les Actinoptérygiens, les Actinistiens (Coelacanthes) ou les Dipneustes. En France on trouve des Myxines, des Lamproies et des Poissons à nageoires rayonnées.
Si les connaissances sur les Poissons de France sont avancées dans l’est, en particulier le sud-est du pays et en Corse, il n’en est pas de même dans le reste du pays où les mentions sont plus éparses. Parmi nos Poissons, bon nombres ont été introduits dans les eaux douces. Keith & Allardi (2001) annoncent le chiffre de 43 espèces, ce qui concerne la quasi totalité de nos quelques 132 espèces. Ce fait est exceptionnelle dans le domaine des Histoires Naturelles.

Liste des Poissons de France fréquentant les eaux douces ou saumâtres

  • Abramis brama (Linnaeus, 1758)
  • Acipenser baerii Brandt, 1869
  • Acipenser ruthenus Linnaeus, 1758
  • Acipenser sturio Linnaeus, 1758
  • Alburnoides bipunctatus (Bloch, 1782)
  • Alburnus alburnus (Linnaeus, 1758)
  • Alosa alosa (Linnaeus, 1758)
  • Alosa agone (Scopoli, 1786)
  • Alosa fallax (Lacepède, 1803)
  • Ambloplites rupestris (Rafinesque, 1817)
  • Ameiurus melas (Rafinesque, 1820)
  • Ameiurus nebulosus (Lesueur, 1819)
  • Anguilla anguilla (Linnaeus, 1758)
  • Aphanius fasciatus (Valenciennes, 1821)
  • Aphanius iberus (Valenciennes, 1846)
  • Atherina boyeri Risso, 1810
  • Ballerus sapa (Pallas, 1814)
  • Barbatula barbatula (Linnaeus, 1758)
  • Barbatula bureschi (Drensky, 1928)
  • Barbatula quignardi (Bacescu-Mester, 1967)
  • Barbus barbus (Linnaeus, 1758)
  • Barbus meridionalis Risso, 1827
  • Blicca bjoerkna (Linnaeus, 1758)
  • Carassius auratus (Linnaeus, 1758)
  • Carassius carassius (Linnaeus, 1758)
  • Carassius gibelio (Bloch, 1782)
  • Chelon labrosus (Risso, 1827)
  • Chondrostoma nasus (Linnaeus, 1758)
  • Cichlasoma bimaculatum (Linnaeus, 1758)
  • Cobitis bilineata Canestrini, 1865
  • Cobitis taenia Linnaeus, 1758
  • Colossoma macropomum (Cuvier, 1816)
  • Coregonus albula (Linnaeus, 1758)
  • Coregonus bezola Fatio, 1888
  • Coregonus fera Jurine, 1825
  • Coregonus hiemalis Jurine, 1825
  • Coregonus lavaretus (Linnaeus, 1758)
  • Cottus aturi Freyhof, Kottelat & Nolte, 2005
  • Cottus duranii Freyhof, Kottelat & Nolte, 2005
  • Cottus gobio Linnaeus, 1758
  • Cottus hispaniolensis Bacescu & Bacescu-Mester, 1964
  • Cottus perifretum Freyhof, Kottelat & Nolte, 2005
  • Cottus petiti Bacescu & Bacescu-Mester, 1964
  • Cottus rhenanus Freyhof, Kottelat & Nolte, 2005
  • Cottus rondeleti Freyhof, Kottelat & Nolte, 2005
  • Cottus sabaudicus Sideleva, 2009
  • Ctenopharyngodon idella (Valenciennes, 1844)
  • Cyprinus carpio Linnaeus, 1758
  • Dicentrarchus labrax (Linnaeus, 1758)
  • Esox aquitanicus Denys, Dettai, Persat, Hautecoeur & Keith, 2014
  • Esox cisalpinus Bianco & Delmastro, 2011
  • Esox lucius Linnaeus, 1758
  • Gambusia holbrooki Girard, 1859
  • Gasterosteus aculeatus Linnaeus, 1758
  • Gobio alverniae Kottelat & Persat, 2005
  • Gobio gobio (Linnaeus, 1758)
  • Gobio lozanoi Doadrio & Madeira, 2004
  • Gobio occitaniae Kottelat & Persat, 2005
  • Gobius paganellus Linnaeus, 1758
  • Gymnocephalus cernuus (Linnaeus, 1758)
  • Hucho hucho (Linnaeus, 1758)
  • Hypophthalmichthys molitrix (Valenciennes, 1844)
  • Hypophthalmichthys nobilis (Richardson, 1845)
  • Ictalurus punctatus (Rafinesque, 1818)
  • Lampetra fluviatilis (Linnaeus, 1758)
  • Lampetra planeri (Bloch, 1784)
  • Lepomis gibbosus (Linnaeus, 1758)
  • Leucaspius delineatus (Heckel, 1843)
  • Leuciscus aspius (Linnaeus, 1758)
  • Leuciscus bearnensis (Blanchard, 1866)
  • Leuciscus burdigalensis Valenciennes, 1844
  • Leuciscus idus (Linnaeus, 1758)
  • Leuciscus leuciscus (Linnaeus, 1758)
  • Leuciscus oxyrrhis (La Blanchère, 1873)
  • Liza aurata (Risso, 1810)
  • Liza ramada (Risso, 1827)
  • Lota lota (Linnaeus, 1758)
  • Megalops atlanticus Valenciennes, 1847
  • Micropterus dolomieu Lacepède, 1802
  • Micropterus salmoides (Lacepède, 1802)
  • Misgurnus fossilis (Linnaeus, 1758)
  • Mugil cephalus Linnaeus, 1758
  • Neogobius melanostomus (Pallas, 1814)
  • Oncorhynchus kisutch (Walbaum, 1792)
  • Oncorhynchus mykiss (Walbaum, 1792)
  • Oreochromis niloticus (Linnaeus, 1758)
  • Osmerus eperlanus (Linnaeus, 1758)
  • Pachychilon pictum (Heckel & Kner, 1858)
  • Parachondrostoma toxostoma (Vallot, 1837)
  • Perca fluviatilis Linnaeus, 1758
  • Petromyzon marinus Linnaeus, 1758
  • Phoxinus bigerri Kottelat, 2007
  • Phoxinus phoxinus (Linnaeus, 1758)
  • Phoxinus septimaniae Kottelat, 2007
  • Pimephales promelas Rafinesque, 1820
  • Platichthys flesus (Linnaeus, 1758)
  • Pomatoschistus microps (Krøyer, 1838)
  • Ponticola kessleri (Günther, 1861)
  • Pristis pectinata Latham, 1794
  • Pristis pristis (Linnaeus, 1758)
  • Proterorhinus semilunaris (Heckel, 1837)
  • Pseudorasbora parva (Temminck & Schlegel, 1846)
  • Pungitius laevis (Cuvier, 1829)
  • Pungitius pungitius (Linnaeus, 1758)
  • Rhodeus amarus (Bloch, 1782)
  • Romanogobio belingi (Slastenenko, 1934)
  • Rutilus rutilus (Linnaeus, 1758)
  • Rutilus virgo (Heckel, 1852)
  • Salaria fluviatilis (Asso, 1801)
  • Salmo cettii Rafinesque, 1810
  • Salmo rhodanensis Fowler, 1974
  • Salmo salar Linnaeus, 1758
  • Salmo trutta Linnaeus, 1758
  • Salvelinus alpinus (Linnaeus, 1758)
  • Salvelinus fontinalis (Mitchill, 1814)
  • Salvelinus namaycush (Walbaum, 1792)
  • Salvelinus umbla (Linnaeus, 1758)
  • Sander lucioperca (Linnaeus, 1758)
  • Sardina pilchardus (Walbaum, 1792)
  • Scardinius erythrophthalmus (Linnaeus, 1758)
  • Silurus glanis Linnaeus, 1758
  • Squalius cephalus (Linnaeus, 1758)
  • Squalius laietanus Doadrio, Kottelat & de Sostoa, 2007
  • Syngnathus abaster Risso, 1827
  • Telestes souffia (Risso, 1827)
  • Thymallus thymallus (Linnaeus, 1758)
  • Tinca tinca (Linnaeus, 1758)
  • Umbra pygmaea (DeKay, 1842)
  • Valencia hispanica (Valenciennes, 1846)
  • Vimba vimba (Linnaeus, 1758)
  • Zingel asper (Linnaeus, 1758)

Présentation des espèces

Abramis brama (Linnaeus, 1758) – Brème commune (Cyprinidés) – Autochtone. Répandue en France, particulièrement bien connue sur les grandes vallées alluviales, en particulier sur l’axe Rhône-Saône. Plus rare et disséminée dans la pointe de Bretagne et évitant les zones d’altitude, dans le Massif Central et les Alpes. Dans la zone à Brèmes, depuis l’estuaire des fleuves aux rivières de plaine. Aussi en eaux stagnantes. Préfère les fonds vaseux ou limoneux. Se déplace en bancs serrées d’individus de la même génération. Au printemps, elles se nourrissent de jeunes pousses de végétaux aquatiques et rejoignent des eaux plus courantes en été. Elles se réfugient en groupes très importants, parfois de plusieurs centaines, dans des zones profondes en hiver. Les jeunes se nourrissent essentiellement de plancton. Les adultes sont omnivores, mais ont une certaine prédilection pour les végétaux ; ils fouilles les fonds vaseux à la recherche de petits animaux ou de débris végétaux. La maturité sexuelle est atteinte au bout de 3 ans pour les mâles et de 4-5 ans pour les femelles. La reproduction, tumultueuse, se déroule au printemps lorsque les eaux atteignent et dépassent entre 12 et 16°C, à faible profondeur, au sein des herbiers aquatiques ou dans les graviers du fond. Les pontes sont très abondantes et passent plusieurs dizaines de milliers d’œufs. L’incubation dure environ 6 jours. Les alevins sont la proie de nombreux carnassiers et leur nombre diminue rapidement.

©© byncsa – Yannick Ledoré (FFAL) – INPN

Acipenser ruthenus Linnaeus, 1758 – Esturgeon du Danuble (Acipenseridés) – Nord de la Mer Noire. Introduite dans la Baltique. Allochtone occasionnelle : introduite à des fins d’élevage. Indications exceptionnelles en quelques endroits de la France sans qu’aucun indice de pérennité ne soit disponible. C’est une espèce exclusivement dulcicole à la différence d’Acipenser sturio qui est amphihaline ; parfois dans les estuaires ou en mer jusqu’à 10 m de profondeur.

Acipenser sturio Linnaeus, 1758 – Esturgeon d’Europe (Acipenseridés) – Ce Poisson autrefois répandu en Europe, ne se trouve limité désormais qu’au secteur de l’estuaire de la Gironde. Nous avons développé la présentation de cette espèce ici.

Alburnoides bipunctatus (Bloch, 1782) – Spirlin (Cyprinidés) – Si l’espèce paraît répandue en France où elle est autochtone, elle n’est régulière et nombreuse que dans l’est du pays, ainsi que dans une partie du Bassin de la Loire. Ses avancées occidentales sont limitées, passent mal le seuil du Lauragais, approche la région de Bordeaux et arrivent en Bretagne. L’espèce tend à manquer aussi dans le Nord et est absente de Corse.

Alburnus alburnus (Linnaeus, 1758) – Ablette (Cyprinidés) – Autochtone. Elle apparaît commune sur toute la France, mais elle manque en Corse.

Alosa agone (Scopoli, 1786) – Alose méditerranéenne [2020] (Clupéidés) – syn. : Alosa fallax rhodanensis – Cette espèce est plus forte et grande qu’Alosa fallax que nous nommons l’Alose atlantique, par opposition à cette espèce méditerranéenne. Ce taxon correspondant chez nous à l’Alose feinte du Rhône (Alosa fallax rhodanensis) est présente dans le Bassin méditerranéen en France, elle est autochtone. On la trouve en Corse, sur les fleuves côtiers méditerranéens et dans la basse et moyenne vallée du Rhône. C’est une espèce autochtone. Il est probable qu’Alosa agone rhodanensis, Alosa agone algeriensis, Alosa agone nilotica en forme la déclinaison subspécifique : à confirmer. C’est le dernier taxon qui semble le plus correct. L’espèce remonte désormais le Rhône sur 250 km seulement, au maximum jusque vers Vienne et plus classiquement sous l’embouchure de l’Ardèche. usqu’au milieu du XXe siècle elle héraut jusqu’au Lac du Bourget et remontait la Saône, l’Isère et l’Ardèche. Elle occupait l’essentiel des fleuves côtiers méditerranéens. Elle est désormais limitée aux sud d’Avignon, voire jusqu’à la confluence Rhône-Ardèche, connue sur l’argens et en Corse. Réduite ou disparue ailleurs. Sa maturité sexuelle est atteinte vers 4-5 ans. Il s’agit d’une espèce itéripare, ce qui signifie qu’elle peut se reproduire à plusieurs reprises, en général jusqu’à 5 reprises.

Alosa alosa (Linnaeus, 1758) – Grande Alose (Clupéidés) – Il s’agit d’une espèce de la même famille que les Harengs. Autochtone. Vite sur le plateau continental marin sur des fonds entre 70 et 300 m où elle vit en bancs. Espèce rare, autochtone, présente en France dans le bassin principal de la Loire, de la Gironde, sur quelques fleuves charentais, Adour, Nivelle, ainsi que dans la Manche. Très éparse ailleurs. Réputé présente, au moins autrefois sur le Rhône, il n’en est rien sinon que lors d’introduction d’individus provenant de la Dordogne (elle s’hybride alors avec Alosa agone). Il n’y a plus d’Alose vraie sur le Rhône actuellement. Les fleuves côtiers du Languedoc Roussillon par contre ont été occupés autrefois par cette espèce qui a disparu du Golfe du Lion, côté Méditerranée. La reproduction est réalisé sur substrat grossier dans des zones courantes, à faible profondeur mais proches de zones profondes. Elle n’est désormais régulière qu’au niveau de la France ou du Portugal. Elle n’est plus au Maroc depuis les années 1990. Elle a disparu, sinon presque du nord de son aire qui remontait au moins jusqu’au niveau du Rhin. C’est un poisson amphihalin, migrateur anadrome printanier. Il remonte les fleuves entre février et juin parfois jusqu’à plus de 650 km de leur embouchure. La maturité sexuelle est plus précoce chez les mâles que chez les femelles. Elle se situe vers 3 à 8 ans chez cette espèce. Les géniteurs ne se reproduisent qu’une fois et meurent ensuite. Le frais a lieu entre mai et mi août.

Alosa fallax (Lacepède, 1803) – Alose atlantique [2020] (Clupéidés) – Ce taxon correspond à Alosa fallax fallax au sens strict, alors qu’A.f.rhodanensis est désormais confondu avec Alosa agone. Il s’agit d’une espèce plus petite que cette dernière avec un taille inférieure à 42 cm et un poids maximal de 660 g. En France elle est présente selon les fleuves ou fleuves côtiers de la façade Atlantique, en particulier selon la Garonne, la Charente, localement dans la Manche et la Loire jusqu’au niveau d’Orléans alors qu’autrefois elle allait sur ce fleuve jusqu’à Roanne dans le département de la Loire. C’est une espèce autochtone. Les remontées anadromes se font plus tard et selon une durée plus brève que chez la Grand Alose (Alosa alosa) au printemps. La maturité sexuelle est atteinte vers 3-4 ans, soit en moyenne 2 ans plus tôt que chez Alosa agone. La reproduction a lieu en mai-juin souvent en aval des fleuves et parfois simplement au niveau des estuaires.

Ambloplites rupestris (Rafinesque, 1817) – Crapet de Roche (Centrarchidés) – Espèce allochtone en France, localisée sur vallée de la Loire depuis le secteur d’Orléans à la Bourgogne et les secteurs voisins en amont comme le département de la Loire notamment.

Ameiurus melas (Rafinesque, 1820) – Poisson chat (Ictaluridés) – syn. : Ameiurus nebulosus auct. – Alors qu’Ameiurus nebulosus a tenté d’être distingué de ce taxon, il semble avoir finalement été récemment confondu au sens des auteurs. Allochtone en France où l’espèce est tout à fait répandue sur l’essentiel du territoire, Corse comprise. Dans le détail elle paraît encore rare en Bretagne, Normandie, le Nord et le Massif Central ou les Alpes.

©© byncsa – Fédération de pêche de Gironde – INPN

Anguilla anguilla (Linnaeus, 1758) – Anguille d’Europe (Anguillidés) – Depuis 1970 les effectifs d’Anguille ont dramatiquement chuté de 95 à 99% selon les secteurs suite à la dégradation de leurs habitats, la surpêche exceptionnelle et la présence d’agents pathogènes nouveaux comme Anguillicola crassus. L’Anguille atteint volontiers les 1 m de longueur. Record de 1,5 m pur un poids de 6 kg. Les femelle sont plus grandes que les mâle. Eaux marines de l’ensemble de l’Atlantique Nord, de la Méditerranée et de la Mer Noire. Elle pénètre dans les eaux douces d’Europe et d’Afrique du Nord. C’est un Poisson initialement bien connu et très commun sur les eaux douces de l’ensemble de la France où sa venue est naturelle (autochtone), Corse comprise, fréquentant l’ensemble des eaux marines du pays par ailleurs. Elle reste néanmoins à basse altitude et manque dans les Pyrénées, le Massif Central ou les Alpes par exemple, mais pénètre volontiers en Corse dans les massifs. Les larves sont connues pour nâtre au printemps dans la mer des Sargasses. Elles éclosent en profondeur (400 à 600 m) au dessus de fonds abyssaux de 4000 m. Ce sont d’abord des larves leptocéphales qui sont entraînées par le courant du Gulf Stream jusqu’aux côtes européennes situées à plus de 4000 m du lieu de naissance. Elles arrivent âgées entre 6 et 12 mois. Elles se transforment alors en civelles qui ne se nourrissent pas et perdent du poids. Elles se pigmentent au cours de l’été certaines restant dans les eaux saumâtres (formant le plus souvent des mâles) alors que d’autres remontent fleuves et rivières (ce seront souvent des femelles) pouvant se déplacer par voie terrestre dans des prairies humides ce qui leur permet d’atteindre des sites apparemment inaccessibles pour des Poissons. La coloration acquise on les nomme Anguilles jaunes. Les mâles grandissent pendant 6 à 12 ans alors que les femelles le font pendant 10 à 20 ans. Elles changent alors de nouveau de couleur et deviennent des Anguilles argentées. Celles-ci vont migrer dès l’automne jusqu’aux Sargasses et ne plus se nourrir, captant leur énergie sur leurs abondantes réserves de graisses. Elles progressent au rythme de 25 à 40 km par jours. Elles mettrons ainsi jusqu’à plus de 4 mois pour arriver à la Mer des Sargasses. Elles sont sur place dès la fin de l’hiver ou au début du printemps. Durant le trajet les Anguilles ont acquis leur mâturité sexuelle. Le frai se fait vers 600 m de profondeur et on ne sait rien du devenir des adultes que l’on suppose mourrir. En eau douce, elles est dans les estuaires et le secteurs plus en amonts des fleuves et rivières. On la trouve aussi sur certains étangs ou bassins côtiers comme le Bassin d’Arcachon, ou l’étang de Thau. Elle peut monter jusqu’à 1000 m d’altitude. Certaines Anguilles jaunes ne migrent pas et peuvent vivre jusqu’à 50 ans. Certains auteurs pensent mêmes que nos Anguilles européennes n’atteindraient pas les Sargasses et que ce serait des Anguille américaines qui y parviendraient et alimenteraient de manière indifférente l’Europe et l’Amérique du Nord. Il s’agirait en conséquence d’une seule et même espèce [!!!].

©© byncsa – V.Prié (Caracol) – INPN

Aphanius iberus (Valenciennes, 1846) – Aphanius d’Espagne (Cyprinodontidés ) – Depuis l’est de l’Espagne, notamment Catalogne au nord de l’Afrique, en Algérie et au Maroc. Ce taxon existait encore dans les années 1950 (Dottrens 1951, Arnoult 1957) dans le Roussillon (Pyrénées-Atlantique et Aude) autrefois en France et a disparu. Peut-être initialement introduit. Petits plans d’eau riches en végétation, fossés et marécages.

Aphanius fasciatus (Valenciennes, 1821) – Aphianus de Corse (Cyprinodontidés) – S’il a pu être envisagé sur le littoral méditerranéen en France, c’est en Corse qu’il habite de manière certaine. Espèce autochtone.

Atherina boyeri Risso, 1810 – Joël (Athérinidés) – Sur les départements littoraux de la France : depuis la Gironde au Morbihan côté Atlantique, tout le littoral méditerranéen, Corse comprise. Espèce autochtone.

Ballerus sapa (Pallas, 1814) – Brème du Danube (Cyprinidés) – Allochtone. Très localisée en France au niveau du Rhin, mais aussi ponctuellement signalée en Bourgogne.

Barbatula barbatula (Linnaeus, 1758) – Loche franche (Némachéilidés) – Il est présent en Europe principalement sur les têtes de bassins versants ou dans des lacs de moyenne altitude. Elle manque en Espagne et Portugal, ainsi que dans l’essentiel de l’Italie, de la Grèce et de l’Ecosse, ainsi que localement en France. C’est une espèce tout à fait répandue en France, mais qui manque largement dans le Sud-Ouest ainsi qu’en Corse et dans les Alpe-Maritimes. Elle est autochtone. La reproduction a lieu d’avril à juillet. Maturité sexuelle au bout de 2-3 ans pour espérance de vie de 6 à 7 ans. On la trouve principalement dans la zone à truites, donc des eaux bien oxygénées et agitées, sous les pierres où elle se cache le jour. Elle est aussi au bord de lacs aux eaux claires. Espèce benthique, son activité est nocturne.

Barbatula bureschi (Drensky, 1928) – (Némachéilidés) – Inscrite sur liste des Poissons de France. [A préciser].

Barbatula quignardi (Bacescu-Mester, 1967) – Loche du Languedoc (Némachéilidés) – Espèce plutôt rare, mais autochtone et répandue depuis le Sud-Ouest de la France, le Languedoc Roussillon et à la bordure occidentale et méridionale du Massif Central.

Barbus barbus (Linnaeus, 1758) – Barbeau fluviatile (Cyprinidés) – Espèce tout à fait répandue en France où elle est autochtone, sauf en Corse, ainsi qu’en Bretagne. Rare dans le Nord et dans le Massif Central ou les Alpes.

©© byncsa – Cyrille Deliry – Histoires Naturelles
Densités augmentant du jaune au rouge

Barbus meridionalis Risso, 1827 – Barbeau méridional (Cyprinidés) – Il s’agit d’un Poisson de dimension moyenne dépassant rarement les 25 cm et les 200 g. Il est plus petit que le Barbeau fluviatile (Barbus barbus). On connaît des cas d’hybridation entre les deux espèces. Europe méridionale depuis l’Espagne à la côte Dalmate selon ce taxon au s.l. toutefois d’anciennes sous-espèces se trouvent à l’Est et sont désormais considérées comme des bonnes espèces avec Barbus caninus dès l’Italie, Barbus peloponnesius en Grèce et Barbus petenyi au niveau du Danube, etc. Répartition clairement méridionale en France où l’espèce est autochtone, l’espèce ne dépasse pas les départements de la Haute-Garonne, la Lozère, l’Ardèche, l’Isère et très localement, le Rhône. Eaux bien oxygénées, généralement à moyenne altitude, au-dessus de 200 m. En plaine dans les secteurs où le Barbeau fluviatile n’existe pas comme dans les Pyrénées-Orientales, l’Hérault ou le Var par exemple. Supporte bien la période estivale dans le domaine méditerranéen alors que l’eau se réchauffe et le taux d’oxygène baisse. Se reproduit sur des bancs de graviers entre mai et juillet. Montant plus en amont que Barbus barbus, les populations de tête de rivières sont indemnes d’hybridations. Vit en bancs près du fond de l’eau.

Blicca bjoerkna (Linnaeus, 1758) – Brème bordelière (Cyprinidés) – Autochtone. Se trouve dans l’essentiel de la France, principalement dans les vallées alluviales ou en plaine. Manque en Corse. Rare à absente de Bretagne, du Massif Central, des Pyrénées ou des Alpes notamment.

Carassius auratus (Linnaeus, 1758) – Poisson rouge ou Carassin doré (Cyprinidés) – Ses dimensions montent jusqu’à 20-30 cm et l’espèce peut peser jusqu’à 1 kg. Par sélection le Carassin doré peut avoir des aspects et des colorations très variées. Les formes réensauvagées peuvent perdre leurs teintes rougeâtres et alors ressembler à Carassius gibelio. Allochtone originaire de Chine. C’est vers l’an 1000 que les asiatiques ont formé les premières souches domestiques du Carassin doré. Son introduction en Europe se situe au XVIIe siècle, d’abord vers Lisbonne, vers 1730 en Angleterre et à Lorient en France, ensuite cadeau à la Comtesse de Pompadour. Mentions disséminées dans à peu près toute la France, Corse comprise. Introduite sur l’île de Beauté après 1970. Rarement en Bretagne ou dans le Nord. Se reproduit en juin-juillet, sous des températures de l’eau situées entre 20 et 25°C. Le œufs incubent pendant trois jours. Les jeunes font plus de 5 cm au terme de leur première année. Sa longévité est de 20 ans en captivité, mais nettement moindre dans la nature où c’est une proie facile.

Carassius carassius (Linnaeus, 1758) – Carassin commun (Cyprinidés) – Cette espèce peut atteindre les 35 cm pour le poids de 1 kg. Sa confusion avec Carassius gibelio est très facile. Si avant l’introduction de cette dernière espèce les données était relativement faciles à confirmées, elles sont devenues plus récemment particulièrement peu nombreuses. Elle est ainsi confirmée en France sur le Bassin de la Moselle, mais est potentiellement présente dans tout le pays. Ce n’est pas une espèce autochtone dans le pays, l’animal provenant d’Europe de l’Est. Ce Poisson a d’abord été introduit en Lorraine au XVIIe siècels avant de se répandre. Espèce allochtone. Eaux calmes des étangs ou des bras morts des cours d’eau. Se reproduit en mai-juin, dans des eaux passant les 18°C. Cette espèce est capable de léthargie en hiver ou pendant les périodes trop sèches.

Carassius gibelio (Bloch, 1782) – Carassin argenté (Cyprinidés) – Ce Poisson atteint les 45 cm pour un poids de 1 kg. Originaire de l’Europe centrale et l’Asie occidentale, présente jusqu’en Sibérie. Introduite partout en Eurasie dans les années 1980. Allochtone. Ensemble de la France, Corse comprise. Lacunaire en Bretagne, Normandie et dans le Massif Central. Fait biologique original, le spermatozoïde n’intervient que pour activer l’ovocyte qui fonctionne ensuite de manière autonome sur son seul génome. En conséquence le génome du mâles n’intervient pas dans le développement de l’embryon et du jeune Poisson. La reproduction se fait dans des eaux dépassant les 16-18°C. Les populations sont dominées par les femelles qui sont triploïdes, alors que les mâles qui sont diploïdes ne représentes que 25% des effectifs. Espérance de vie de 7 à 15 ans.

Chelon labrosus (Risso, 1827) – Mulet lippu (Mugilidés) – Les plus grands individus atteignent 50 cm pour 1,5 kg. Espèce présente depuis l’Islande et la Scandinavie, aux Sénégal et îles du Cap Vert par l’Atlantique Nord, ainsi qu’en Méditerranée occidentale et centrale. Côtes de Méditerranée, Corse comprise, l’espèce pénétrant en bordure des eaux douces ou saumâtres. Plus disséminée côté Atlantique en France alors que l’espèce se concentre volontiers sur les estuaires. Elle pénètre sur cette façade jusqu’à plus de 100 km à l’intérieur des terres notamment dans les bassins de l’Adour ou de la Gironde. Espèce autochtone. En pleine mer pendant la période froide, au-delà du plateau continental. L’espèce est côtière, erratique, dans les ports, les lagunes, les estuaires, pouvant remonter les rivières sur plusieurs centaines de kilomètres dans le terres au cours de la belle saison. Ils sont alors en bancs souvent accompagnés de Bars communs (Dicentrarchus labrax). Espérance de vie de 25 ans. Les Mulets possèdent un gésier au même sens fonctionnel que celui des Oiseaux. Leurs dents sont en effets réduites.

Chondrostoma nasus (Linnaeus, 1758) – Hotu (Cyprinidés) – Ses dimension maximales sont de l’ordre de 50 cm pour 1,5 kg. Le Hotu se trouvait initialement en Europe centrale, mais a investit par voies naturelles une partie du réseau hydrographique français au XIXe siècle. Autochtone par colonisation. Bien répandue en France, mais seulement sur une partie du pays. L’espèce manque en Normandie, Bretagne, Sud-Ouest, Pyrénées et ouest du Massif Central, ainsi qu’en Corse. Elle est particulièrement bien représentée à basse altitude dans le Bassin Rhône-Saône. Se trouve dans les rivières courantes à fond graveleux ou caillouteux, sous 800 m d’altitude. Maturité sexuelle de 4 ans. La reproduction se fait dans des eaux de 8 à 12°C en mars-avril principalement. Son espérance de vie classiquement d’une douzaine d’année, peut monter jusqu’à 25 ans. Les adultes sont spécialisés dans la consommation de diatomées fixées sur le substrat solide.

©© byncsa – Association Saumon-Rhin – INPN

Cichlasoma bimaculatum (Linnaeus, 1758) – Vieille coquette (Cichlidés) – Bien connue en Outre mer en Guyanne, cette espèce a été ponctuellement introduite en France métropolitaine.

Cobitis bilineata Canestrini, 1865 – Loche italienne (Cobitidés) – Allochtone en France, elle vit naturellement en Italie, Suisse, Slovénie et Croatie. Méconnue, cette espèce se trouve dans le Sud-Est de la France, dans les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, les Alpes de Haute Provence et le Var où elle occupe la vallée principale de la Durance jusqu’en aval de Sisteron. Elle a été indiquée dès 1955 dans la basse vallée de la Durance et serait l’objet d’une introduction. Les Loches italiennes s’enfouissent en journée dans les sédiments et sont donc difficiles à détecter. La maturité sexuelle est atteinte vers l’âge de deux ans. Les femelles pondent entre la mi-mai et la mi-juillet.

Cobitis taenia Linnaeus, 1758 – Loche de rivière (Cobitidés) – Rare et peu connue, elle est souvent confondue avec la Loche franche (Nemacheilus barbatulus) dont elle est pourtant bien distincte par certains caractères. Autochtone en France, limitée au la Loire et le nord du fleuve. Elle manque en Bretagne, Normandie et presque partout au sud où quelques mentions éparses méritent confirmation. Elle se reproduit dans des eaux courantes et peu profondes au niveau de zones sablonneuses parmi des racines. On la trouve aussi sur des lacs, des ballastières ou des sablières, mais moins régulièrement Les alevins sont rapidement benthiques tout comme les adultes. Elle vit cachée dans le sable ou la vase pendant la journée, elle est active dès le crépuscule. Fraie de fin avril à juin. Cette espèce tend à hiberner, cachée dans la vase ou le sable.

©© byncsa – Frantz Storck (OFB) – INPN

Coregonus bezola Fatio, 1888 – Bézoule (Salmonidés) – Autrefois en Savoie sur le Lac du Bourget, France. Endémique éteinte.

Coregonus fera Jurine, 1825 – Féra (Salmonidés) – Autrefois dans le Lac Léman, Haute-Savoie, France, endémique éteinte.

Coregonus hiemalis Jurine, 1825 – (Salmonidés) – Cette espèce endémique du Lac Léman, Haute-Savoie, est désormais éteinte.

Coregonus lavaretus (Linnaeus, 1758) – Lavaret (Salmonidés) – Le nom scientifique provient du grec koré (pupille) et gonia (angles), ainsi que d’un mot savoyard pour lavaretus. Espèce polymorphe où selon les auteurs on a distingué jusqu’à plus de 20 variantes et même proposé jusqu’à 4 espèces différentes. Elle atteint les 70 cm pour 10 kg. Se trouve en eaux douces depuis le Nord de l’Europe à l’Asie et l’Amérique du Nord. Les populations de Lavarets du nord de l’Europe peuvent réaliser des migrations. Celles des lacs alpins sont considérées comme relictuelles, isolées par les glaciations. Plus ou moins autochtone selon les endroits en France, l’espèce est connue dans les les Alpes, les Massif Central, le Jura et les Vosges. Lacs oligotrophes assez grands et profonds dans des eaux claires et bien oxygénées. Se déplace en groupe. L’espèce fraye en eau peu profonde (0,5-5,0 m) dans des eaux froides (7°C). Maturité atteinte vers 2 ans.

Cottus aturi Freyhof, Kottelat & Nolte, 2005 – Chabot du Béarn (Cottidés) – Espèce présente dans le bassin de l’Adour, France, où elle est endémique.

Cottus bairdii Girard, 1850 – Chabot tacheté (Cottidés) – Les dimensions maximales de cette espèce sont de 15 cm. Il s’agit d’une espèce allochtone, qui est citée sur la liste nationale Taxref de l’INPN, mais n’est pas traitée sur le site. Elle est originaire d’Amérique du Nord. Il convient de vérifier l’origine de cette indication qui paraîtra a priori douteuse. Ce Chabot est présent au Canada et aux Etats Unis, dans quelques bassins fluviaux. Il fraye depuis le début de l’hiver à la fin du printemps. Ce Chabot aménage un nid, généralement sous un rocher, tache réalisée par le mâle. Une ou plusieurs femelles viennent alors y déposer leurs œufs que le mâle fertilise ensuite. Il garde et protège le nid.

¢ – Planche datant de 1926
Issue de State of New York. A biological survey of the Genesee river system. Supplemental to Sixteenth annual report, 1926

Cottus duranii Freyhof, Kottelat & Nolte, 2005 – Chabot de Dordogne (Cottidés) – Insuffisamment Documentée – DD 2008 – Cette espèce de description récente est endémique du Massif Central, France. Elle est désormais bien connue depuis les Cévennes, le sud du Massif aux secteurs du Forez et des Monts de la Madeleine.

Cottus gobio Linnaeus, 1758 – Chabot commun (Cottidés) – Il s’agit d’un petit Poisson mesurant jusqu’à 15 cm et pesant environ 12 g. Espèce tout à fait commune dans l’est de la France, depuis la Languedoc-Roussillon et la bordure orientale du Massif Central, aux Alpes-Maritimes, la Bourgogne et l’Alsace. La ponte est effectuée en mars-avril, unique en France semble-t-il, il peut y en avoir jusqu’à quatre dans certaines populations britanniques.

Cottus hispaniolensis Bacescu & Bacescu-Mester, 1964 – Chabot des Pyrénées (Cottidés) – Se trouve dans le centre et le piémont des Pyrénées en France.

Cottus perifretum Freyhof, Kottelat & Nolte, 2005 – Chabot celtique (Cottidés) – L’aire de cette espèce en France complète celle d’autres petites espèces de Chabot. On la trouve depuis le centre du Massif Central à la Bretagne, aux Ardennes et au nord.

Cottus petiti Bacescu & Bacescu-Mester, 1964 – Chabot du Lez (Cottidés) – Espèce endémique de l’Hérault, France, sur le Lez depuis sa source et principalement les 5 derniers kilomètres de la tête de rivière. La maturité sexuelle de ce Poisson est atteindre dès la première année avec une période de reproduction étendue sur la saison. Cette espèces semble pouvoir vivre de 2 à 4 ans.

shared – © S.Richard (Agence française pour la biodiversité).

Cottus rhenanus Freyhof, Kottelat & Nolte, 2005 – Chabot de Rhénanie (Cottidés) – Cette espèce est présente dans le Nord-Est de la France et en Alsace.

Cottus rondeleti Freyhof, Kottelat & Nolte, 2005 – Chabot de l’Hérault (Cottidés) – Espèce endémique de France, présente dans l’Aude, l’Hérault et le Gard.

Cottus sabaudicus Sideleva, 2009 – Chabot savoyard (Cottidés) – Espèce endémique de France, localisée en Haute-Savoie.

Ctenopharyngodon idella (Valenciennes, 1844) – Carpe Amour (Cyprinidés) – Allochtone. Mentions éparses et lacunaire sur l’essentiel de la France au gré des introductions. Pas en Corse, ni en Poitou-Charentes par exemple.

©© byncsa – Yannick Ledoré (Faune et Flore Aquatique de Lorraine) – INPN
©© byncsa – Yannick Ledoré (Faune et Flore Aquatique de Lorraine) – INPN

Cyprinus carpio Linnaeus, 1758 – Carpe commune (Cyprinidés) – Allochtone, réputée introduite. Répandue et assez commune. Ensemble de la France, Corse comprise. Elle manque en altitude.

Dicentrarchus labrax (Linnaeus, 1758) – Bar commun (Moronidés) – Espèce présente sur l’ensemble du littoral de France, Corse comprise et qui pénètre dans les secteurs de plaine des eaux douces côtières. Elle remonte la Loire jusqu’à Nantes et le Rhône jusqu’à Avignon.

Esox aquitanicus Denys, Dettai, Persat, Hautecœur & Keith, 2014 – Brochet d’Aquitaine [2014] (Esocidés) – Le Brochet d’Aquitaine est une nouvelle espèce pour la Science et la France. Cette espèce est menacée, aussi à peine découverte est-elle à protéger. Les Ichthyologues français sous la direction du Dr Philippe Keith du Muséum National d’Histoires Naturelles ont décrit une nouvelle espèce de Brochet des bassin de la Charente et de l’Adour. Par défaut le Brochet en France était attribué à Esox lucius, une espèce connue aussi sous le nom de Grand Brochet. Sud-Ouest de la France, le Brochet d’Aquitaine est endémique, on le trouve depuis les Charentes au Pyrénées. Pour clarifier la taxonomie des Brochets en France, le Dr P.Keith et ses collègues de l’Université Claude Bernard de Lyon et du MNHN a analysé les données morphologiques et moléculaires des principaux bassins fluviaux français, tant actuels que passés (collections du XIXe siècle). Trois espèces distinctes sont désignées suite à ces travaux : le Grand Brochet (Esox lucius Linnaeus, 1758) largement distribué, le Brochet cisalpin (Esox cisalpinus Bianco & Delmastro, 2011) qui était encore présent au XIXe siècle dans le Lac Léman et le Brochet d’Aquitaine (Esox aquitanus Denys & al. 2014) présent dans les bassins fluviatiles de l’Aquitaine. Cette dernière espèce peut mesurer plus d’un mètre. Elle est présente dans les bassins de la Charente, la Dordogne, l’Eyre et l’Adour. Lorsque les deux Brochets actuels cohabitent, ils peuvent s’hybrider.

©© byncsa – Fédération de pêche de la Gironde – INPN

Esox cisalpinus Bianco & Delmastro, 2011 – Brochet cisalpin [2020] (Esocidés) – Cette espèce est subendémique en France connue sur les départements savoyards.

Esox lucius Linnaeus, 1758 – Grand Brochet [2014] (Esocidés) – Réputée présente dans l’ensemble de la France, Corse comprise (très rare et probablement introduite), mais semble – à actualiser – devoir être remplacé dans les cartes par Esox aquitanicus dans le Sud-Ouest du pays (voir cette nouvelle espèce).

©© byncsa – Yannick Ledoré (FFAL) – INPN

Gambusia holbrooki Girard, 1859 – Gambusie commune (Poéciliidés) – Essentiellement sur les zones littorales de France en Méditerranée, Corse, Atlantique jusqu’aux Côtes d’Armor par le sud. L’espèce remonte la vallée du Rhône jusqu’en Ardèche et dans la Drôme.

Gasterosteus aculeatus Linnaeus, 1758 – Epinoche à trois épines (Gastorestéidés) – Connue sur la quasi totalité de la France, mais dans le détail, elle plus fréquente ou abondante dans le Nord et Nord-Est du pays, le Bassin du Rhône, la basse vallée de la Garonne, la Vendée et Poitou-Charentes, lacunaire dans le Massif Central, les Pyrénées, le Jura et les Alpes. Semble inconnue notamment dans la Vienne, les Hautes-Alpes et les Alpes de Haute Provence.

Gobio alverniae Kottelat & Persat, 2005 – Goujon d’Auvergne (Cyprinidés) – Espèce connue en France, dans le Limousin et le Massif Central. Elle est endémique.

©© byncsa – V.Prié (Caracol) – INPN
©© byncsa – Fédération de pêche de la Gironde – INPN

Gobio gobio (Linnaeus, 1758) – Goujon (Cyprinidés) – Espèce tout à fait commune en France, connue, presque partout mais semble manquer au moins dans une partie des départements occupés par Gobio alverniae. Présente en Corse.

Gobio lozanoi Doadrio & Madeira, 2004 – Goujon ibérique (Cyprinidés) – En France, outre sa présence dans l’Aude, elle est connue dans le Sud-Ouest depuis l’Espagne à la Gironde et le Lot-et-Garonne.

Gobio occitaniae Kottelat & Persat, 2005 – Goujon du Languedoc (Cyprinidés) – Endémique en France, bien répartie dans le Sud-Ouest, mais aussi au sud du Massif Central, l’espèce atteignant le secteur d’Avignon et le Sud de l’Ardèche. Elle est en Corse (introduite de toute évidence). Des indications ponctuelles jusqu’au sud de la Bourgogne, semblent à confirmer.

Leuciscus aspius (Linnaeus, 1758) – Aspe (Cyprinidés) – Il s’agit d’une grande espèce mesurant entre 40 et 75 cm et pouvant atteindre le record de 120 cm pour un poids de 12 kg. Naturellement présent depuis le Bassin de l’Elbe à l’Oural et au sud de la Scandinavie. Pour partie autochtone. Espèce localisée en France sur la Vallée de la Loire (introduite), du Rhin et de la Moselle. Introduite de plus sur la Seine. Exceptionnel ailleurs. Elle a été vue pour la première fois dans le Rhin où il est venu par voies artificielle, par des canaux C’est un Poisson pour partie migrateur qui peut se déplacer sur des centaines de km. La maturité sexuelle intervient vers l’âge de 3 à 5 ans. La reproduction est printanière (avril à juin). Longévité de 15 ans environ.

Quelques éléments d’Ichtyologie rhônalpine

Changeux (1994) ne listait que 46 espèces dans la région Rhône-Alpes, alors que Perrin (2010) qui donne le chiffre de 62 espèces, en présente entre 69 et 75 en définitive dans ses annexes. Finalement Deliry (2017) traite de 80 espèces régionales. Selon Deliry (2017), trois espèces de la région sont éteintes, toutes appartenant au genre Coregonus, trois sont En Grave Danger : Acipenser sturio disparu de la région ; Anguilla Anguilla et Zingel asper. Enfin deux sont globalement Vulnérables (Coregonus lavaretus et Parachondrostoma toxostoma), une Quasi menacée (Barbus méridionales) et deux Insuffisamment documentée (Cottus durani, Salmo rhodanensis).
La Liste Rouge rhônalpine a été dressée par Perrin (2010) et adaptée par Deliry (2017). Elle est reprise ci-dessous.

EX – Coregonus bezola – Coregonus fera – Coregonus hiemalis – Coregonus sp. ‘Aiguebelette’
RE – Acipenser sturio – Cobitis taenia – Lampetra fluviatilis – Petromyzon marinus – Salmo salar
CR – Anguilla anguilla – Zingel asper
EN – Misgurnus fossilis – Salvelinus umbla
VU – Alosa alosa – Alosa fallax – Coregonus lavaresus – Cottus sabaudicus – Esox Lucius – Lampetra planeri – Lota lota – Salmo rhodanensis – Thymallus thymallus
NT – Barbus méridionalis – Chondrostoma casus – Parachondrostoma toxostoma – Salaria fluviatilis – Telestes souffia
DD – Cottus duranii – Cottus gobio – Gobio alverniae – Gobio gobio – Leuciscus idus – Phoxinus phoxinus – Pungitius laevis

Références

  • Arnoult J. 1957 – Sur quelques Poissons rares et peu connus dans les eaux douces de France. – Bull. Mus. Hist. Nat, 6 : 464-466.
  • Changeux T. 1994 – Structure des peuplements de poissons à l’échelle du bassin rhodanien. – Thèse de Doct., Univ. Lyon I : 227 pp.
  • Deliry C. 2017 – Catalogue des Poissons de Rhône-Alpes. – Histoires Naturelles n°3. – PDF
  • Denys G.P. & al. 2014 – Morphological and molecular evidence of three species of pikes Esox spp. (Actinopterygii, Esocidae) in France, including the description of a new species. – Comptes Rendus Biologie, 2014.
  • Dottrens E. 1951 – Poissons d’eau douce. 2 vol. – Delachaux & Niestlé, Neuchâtel.
  • Keith P. & Allardi J. 2001 – Atlas des poissons d’eau douce de France. – Min. de l’Ecologie, MNHN, Paris.
  • Perrin J.F. 2010 – Poissons d’eau douce : un vingtième siècle très troublé. – Bull. Soc. Linn. Lyon, hs n°2 : 1-9.