5 mars 2021

IPS – Indices ponctuels saturĂ©s en ornithologie

©© byncsa – Cyrille Deliry – Histoires Naturelles

Nous avons mis en forme une nouvelle mĂ©thode d’estimation des populations d’oiseaux dans les annĂ©es 1990 nommĂ©e IPS ou Indices ponctuels saturĂ©s. Il s’agit en un point, comme dans le cadre d’un IPA de rĂ©alisĂ© une brève description des habitats dominants, suivie d’une liste de toute les espèces d’Oiseaux prĂ©sentes en dĂ©comptant le nombre d’individus. Un IPS dure un minimum de 5 minutes et les deux dernières minutes sont dĂ©terminantes. En effet si une ou plusieurs nouvelle espèce est ajoutĂ©e Ă  la liste, le contact est poursuivi deux minutes supplĂ©mentaires, portant Ă  7 minutes le comptage. Si depuis la cinquième Ă  la septième minute on dĂ©couvre une nouvelle espèce, le comptage est poursuivi deux minutes de plus et ainsi de suite. Tant les Oiseaux observĂ©s qu’entendus par leurs cris ou leurs chants sont comptĂ©s. On reste dans la sphère visuelle d’une paire de jumelle classique (x 8 ou x 10). Le dĂ©compte est arrĂŞtĂ© Ă  partir du moment oĂą une sĂ©quence de deux minutes est vide de nouvelle espèce. Si une perturbation majeure intervient dans l’observation deux minutes peuvent ĂŞtre ajoutĂ©es, mais celles-ci ne seront pas comptĂ©es dans le coefficient de saturation (on arrĂŞte alors l’observation pendant deux minutes) : dĂ©rangement, nĂ©cessitĂ© d’identification avec un guide, bruits ambiant majeur, etc.

Cette mĂ©thode est très simple et ne requiert que des compĂ©tences normales d’identification et de dĂ©termination des chants et des cris. Elle est pragmatique car elle ne nĂ©cessite la prĂ©sence de l’observateur sur le terrain que si il y a de nouvelles espèces Ă  dĂ©couvrir. Toute pĂ©riode de deux minutes sans nouvelle espèce arrĂŞte le dĂ©compte.

Les indicateurs qui s’en dĂ©gagent sont : le nombre d’espèces et le liste, le nombre d’individus (ces deux indicateurs tout comme dans un IPA normal), le coefficient de saturation (temps total d’observation), le total des individus comptĂ©s.

On rĂ©alisera un Pool d’IPS si on le dĂ©sire en Ă©chantillonnant dix localitĂ©s choisies en fonction de leur reprĂ©sentatitivitĂ© des habitats du secteur Ă©tudier. Les localitĂ©s ne sont donc pas alĂ©atoires, mais choisies et se veulent reprĂ©sentatives des habitats prĂ©sents. Si le nombre d’habitat est important ou supĂ©rieur Ă  10 sur le secteurs, certains IPS seront choisi Ă  la marge de, voire trois habitats majeurs. Afin de ne pas se recouvrir, les IPS choisis doivent ĂŞtre distants de 500 m les uns des autres ou sĂ©parĂ©s par une barrière majeure permettant de sĂ©parer les rĂ©sultats.

Les habitats considĂ©rĂ©s sont les habitats possibles pour la nidification des espèces. Nous citons ici les principaux habitats qu’il s’agit de considĂ©rer. Si l’un d’eux est prĂ©sent dans le secteur Ă©tudier, il doit apparaĂ®tre dans au moins un IPS. Si un autre est dominant il devra apparaĂ®tre au mieux selon sa reprĂ©sentativitĂ© dans le secteur. [Marins] Littoral (rocheux, sablonneux, marĂ©cageux), Dunes, [Forestiers] (ForĂŞt de feuillus, mixte, de rĂ©sineux, futaie, taillis, clairières, forĂŞts humides), [Prairiaux] (Pelouses sèches, prairies, prairies humides, pelouses alpines), [Humides] (Fleuve, rivière, ruisseaux, bancs de galets, bancs de sable, banquettes de sable, mares, Ă©tangs, marais, rĂ©servoirs, plans d’eau de barrage), [MinĂ©raux] (Falaises marines, parois rocheuses continentales (sĂ©dimentaires, mĂ©tamorphiques ou cristallines), gravières, sablières, rocailles, lapiaz, bad lands), [Agricoles] (Cultures de cĂ©rĂ©ales, maĂŻsicultures, potagers, zones de serres, prairies pâturĂ©es, piscicultures), [UrbanisĂ©s] (Centres villes, villes, villages, Places, Eglises ou grand monuments, zones sub-urbaines, parcs, jardins)… Il s’agit dans un choix d’habitats simples mais dĂ©crivant les besoins de l’avifaune d’avoir la plus grande diversitĂ© des habitats dans les IPS choisis et pour la zone considĂ©rĂ©e, quitte Ă  la combiner entre-eux ou Ă  les dupliquer. Notons que les habitats très prĂ©sents dans un contexte donnĂ© pourront automatiquement apparaĂ®tre dans les IPS choisi pour d’autres habitats en raison de leur grande reprĂ©sentativitĂ© sur le territoire.

Les pools d’IPS permettent de donner un panorama rigoureux et complet de l’avifaune d’un territoire considĂ©rĂ©, tant du point de vue qualitatif, que quantitatif. La somme des effectifs comptĂ©s pour une espèce donne l’abondance relative de celle-ci sur le territoire Ă©tudier et la somme totale des individus, l’abondance avifaunistique du dit territoire. Les coefficients de saturation indiquent des Ă©lĂ©ments sur la richesse, mais aussi sur la difficultĂ© ou non du territoire Ă  livrer les dĂ©tails de son avifaune.

Le principe de saturation garantie une bonne couverture de la diversitĂ© ornithologique locale tant au niveau d’un simple IPS que d’un pool d’IPS. Cette mĂ©thode est plus Ă©conome en temps que les IPA oĂą on reste souvent Ă  attendre de nouvelles informations, tant qualitatives que quantitatives, et plus efficace en terme de biodiversitĂ© que les indices ne se basant que sur 5 minutes de prĂ©sence. Les IPS sont nĂ©anmoins particulièrement simples Ă  mettre en place et sont très riches en information : espèces, quantitĂ©s, reprĂ©sentativitĂ©, dĂ©monstrativitĂ©… MalgrĂ© son efficacitĂ©, elle ne permettra pas de reprĂ©senter correctement des espèces telles la Huppe fasciĂ©e qui peut demander jusqu’Ă  2h00 de prĂ©sence sur le terrain pour permettre de confirmer ou non sa prĂ©sence sur un site donnĂ© (notre expĂ©rience montre qu’en continu sur plusieurs jours, l’espèce peut mĂŞme paraĂ®tre inaperçue). Il faudra rĂ©aliser des IPS de nuit pour dĂ©tecter les oiseaux nocturnes, et parfois la repasse sera utile dans ce cas, donc ils ne sont guère pertinents de ce fait. Des espèces Ă  grand territoire comme certains rapaces pourront Ă©chapper Ă  l’Ă©chantillonage, etc.

Nous rechercherons quelques rĂ©sultats dans nos archives qui seront ajoutĂ©s ici, le moment venu…

Voir aussi la méthodologie EPOC proposée dans le cadre du nouvel Atlas ornithologique