3 mars 2021

Reméandrage et explosion de la faune odonatologique à la Réserve Naturelle du Pinail (Vienne)

Beaune D. & Sellier Y. 2021 – Stream restorations with meanders increase dragonfly and damselfly diversity and abundance, including an endangered species. – J. for Nature Conservation, 12 janvier 2021.

Cette étude présente des exemples de projets de restauration réussis pour la conservation de la biodiversité. Dans l’Ouest de la France, la réserve naturelle nationale du Pinail est une zone humide protégée parsemée de plus de 6000 mares. Cette zone humide est habitée par 50 espèces d’Odonates et constitue donc une zone de biodiversité clé pour la conservation des demoiselles et des libellules. Dans le passé, lorsque le calcaire était exploité, les cours d’eau du plateau étaient artificiellement canalisés de façon rectiligne, pour se jeter dans la Vienne. Finalement, les cours d’eau ont été bloqués par la biomasse et les sédiments, ce qui a eu pour effet de faire couler l’eau principalement sous terre. En 2011, deux projets de restauration ont permis de creuser et de recréer des habitats perdus tels que des cours d’eau et des méandres en reconnectant ouvertement des masses d’eau stagnante (deux sites sont concernés : ruisseaux Rivau (20 m) et Hutte (400 m)). La diversité et l’abondance des espèces d’Odonata sont surveillées chaque année à la suite d’inventaires par transect depuis 1995 et toujours en cours. La diversité et l’abondance ont été comparées avant et après la restauration. L’abondance et la diversité des espèces ont augmenté sur les deux sites en raison de l’ajout d’habitats lotiques et donc de nouvelles espèces supplémentaires. Le nombre d’espèces observées a presque doublé sur le Rivau (de 5,4 espèces observées à 9,9 spp). Par extrapolation, le nombre total d’espèces sur le site est passé de 15-18 spp à 29-37 spp. L’abondance a également fortement augmenté avec 770 % d’individus supplémentaires sur le cour d’eau. De même, sur le ruisseau Hutte de 400 m, la diversité extrapolée est passée de 31-38 spp à 35-43 spp ; ainsi que l’abondance avec 475% d’individus en plus. Ces projets de restauration ont créé de nouveaux habitats, ce qui a permis d’enrichir la biodiversité locale et d’assurer la réussite de la conservation. Plus précisément, Coenagrion mercuriale (Odonata : Zygoptera), une des demoiselles les plus menacées d’Europe et inscrite sur la liste de la directive européenne « Habitats », a réussi à recoloniser le ruisseau du Rivau et à coloniser le ruisseau Hutte. – Traduction libre de l’abstract.

Photo de présentation – ©© byncsa – Jean-Michel Faton