4 décembre 2020

L’Epeire des fissures (Nuctenea umbratica), une nouvelle Araignée pour les Deux-Sèvres

Selon Loksa (1972)

L’Epeire des fissures (Nuctenea umbratica) a été décrite par Clerck en 1757 et a été désignée Araignée de l’année 2017 par The European Society of Arachnology. Elle appartient à la famille des Aranéidés. Les mâles sont plus petits que les femelles et ne mesurent à maturité pas plus de 8 mm contre 12 à 16 mm chez ces dernières.

On rentre cette Epeire depuis l’Afrique du Nord et ce, jusqu’en Egypte, à l’Azerbaïdjan et elle a été détectée en quelques autres points comme en Inde, dans le centre ou l’est de la Sibérie et elle été introduite en quelques points des Etats-Unis. Elle est réputée très commune et occupe l’ensemble des pays d’Europe, y compris dans les pays du nord du Continent, mais elle paraît rare en Irlande ainsi qu’en Finlande et ne se trouve que dans le sud de la Scandinavie remontant ponctuellement en Norvège jusqu’à la latitude de Bodø par la façade Atlantique. De même, elle est plus densément représentée dans le Sud de la Grande-Bretagne et elle est disséminée à rare en Ecosse.

On la trouve sur l’essentiel de la France, sauf la Corse, indifféremment du Nord au Sud. Elle tends à manquer dans le centre ouest du pays.

Elle occupe les habitats urbains ainsi que les rives de cours d’eau. Dans les faits elle recherche des endroits qui fournissent des cachettes comme de vieux murs, des façades fissurées de bâtiments anciens, de vieux arbres ou des tas de bois par exemple. Dans les Ecrins elle dépasse les 1500 m d’altitude, mais exceptionnellement et ce qui est un record, car la littérature donne pour limite les 1000 m dans le Tyrol notamment. En Grande-Bretagne, elle ne passe pas la cote des 750 m. Elle a une activité nocturne et se cache la journée dans des fissures de roche ou d’écorce. Le plus souvent, elle tisse une nouvelle toile chaque nuit, en particulier si celle-ci a été abimée par ses nombreuses proies. Celle-ci est orbiculaire et régulière. Elle peut avoir un diamètre proche de 70 cm. L’Araignée disparaît et se cache dès le lever du soleil. Elle sort, même par nuits fraîches, dès le mois de mars dans la zone tempérée, mais elle peut se rencontrer toute l’année, tout particulièrement la femelle. Le mâle peut manquer au cœur de l’hiver. Elle est visible le plus souvent entre juillet et octobre. La reproduction se déroule en automne.

La dite Epeire cachée dans une fissure au sein de vignes sur l’île d’Oléron en juin 2018
shared – © Richard du Nord – WordPress

Nous l’avons découverte dans les Deux-Sèvres, à Niort, département qui n’est pas connu selon le Monde des Insectes. Sa présence était néanmoins prévisible car c’est une espèce commune et les récents efforts de recherche dans le département voisin de la Charente-Maritime révèlent sa présence en plusieurs points, y compris sur les îles de Ré ou d’Oléron. Elle a été découverte, par ailleurs dans le Limousin en 1995 et y a été découverte depuis en quelques localités.

La photographie en introduction (©© byncsa – Cyrille Deliry – Histoires Naturelles) correspond à un jeune individu erratique de petite dimension, observé sur un mur de Niort le 2 septembre 2020. Nous ne l’avions pas déterminée, mais l’équipe de validation d’iNaturalist a résolu le mystère. Il s’agit à notre connaissance de la première mention circonstanciée pour le département des Deux-Sèvres. Il existe une indication imprécise au nord-est de Bressuire sur le site de l’INPN, sans qu’on ait plus de précisions.

Loksa I. 1972 – Araneae II. – Fauna Hungariae, 109 : 1-112.