17 avril 2021

Quelques Mollusques rares de Rhône-Alpes

Acicula lineata (Draparnaud, 1801) – Aiguillette bordée (Aciculidés) – Depuis les Pyrénées et sur les piémonts des Alpes et dans le Jura ainsi qu’en Alsace. Quelques indications en Angleterre. Mentions éparses depuis les Pyrénées et le Languedoc à l’Alsace par le Sud-Est et le Jura, présente en outre dans les Alpes-Maritimes. En Rhône-Alpes, elle est dans la Drôme, l’Isère et les Savoies, anciennement citée du Rhône et de l’Ain. Audibert (2020) la confirme dans la Drôme, l’Isère et la Haute-Savoie.

©© byncsa – Olivier Gargominy – INPN

Cernuella aginnica (Locard, 1882) – Caragouille semblable (Géomitridés) – Depuis le Nord de l’Espagne au Nord de l’Italie et aux Pays Bas, par une partie de la France. Grande Bretagne. Répandue dans le Nord et le Nord-ouest de la France, l’espèce est plus rare dans le Sud-Ouest, présente dans la Midi, elle remonte dans la Drôme (donnée ancienne) et manque dans tout l’est du pays par ailleurs. Indiquée dans le Rhône, ce qui déplace sa répartition selon l’axe Rhône-Saône vers le Nord (Audibert 2020).

©© byncsa – Olivier Gargominy – INPN

Cernuella virgata (da Costa, 1778) – Caragouille globuleuse (Géomitridés) – Essentiellement dans la Bassin méditerranéen, mais remonte sporadiquement plus au nord jusqu’en Angleterre et aux Pays Bas. Vers l’est se trouve jusqu’en Bulgarie, la Russie méridionale et la Crimée. Introduite en Irlande ou en Australie. Assez commune en France, Corse comprise, l’espèce tend à manquer, hors Provence, dans l’Est du pays. De découverte récente en Alsace (Noël & Bichain 2018). En Rhône-Alpes, elle est indiquée dans la Drôme, anciennement en Ardèche, Isère et dans le Rhône. Nouvellement précisée pour l’Ain (Audibert 2020). Vit dans des espaces ouverts sur sol relativement sec comme les dunes ou les habitats steppiques, les secteurs calcaires arides.

©© byncsa – Olivier Gargominy – INPN

Charpentiera itala (von Martens, 1824) – Decharpentière d’Italie [2020] (Clausiliidés) – Depuis le Sud-Est de la France, à l’Europe centrale, l’Italie et la Sicile. Localement en Grèce. Remonte en Belgique ce qui est regardé comme un signe d’expansion (Delcourt 2015). Localisée à la Provence, remontant (anciennement) jusque dans la Drôme et en Isère, voire localement dans le Centre du pays. Elle a été confirmée dans les Hautes-Alpes récemment. Confirmée pour la Drôme par Audibert (2020).

©© byncsa – Olivier Gargominy – INPN

Chondrula tridens (Müller, 1774) – Bulime à trois dents (Enidés) – Depuis l’Europe occidentale et Centrale à la Mer Noire et l’Iran. Introduite et invasive probable en Lituanie. Mentions éparses sur l’ensemble de la France, Corse comprise, bien souvent à actualiser. Tend à manquer dans les départements bordant la Manche. Présente sur l’ensemble de Rhône-Alpes, pour partie à actualiser. Confirmée dans la Drôme (Audibert 2020). Vit dans les prairies de coteaux ensoleillés et secs jusqu’à 1500 (1900) m.

©© byncsa – Lilian Léonard – INPN

Cochlodina fimbriata (Rossmässler, 1835) – Fuseau oriental (Clausiliidés) – Depuis l’Est de la France à l’Europe centrale, notamment la Slovaquie. Ne se trouve que dans l’Est de la France depuis les Alpes Maritimes à la Saône et Loire, l’Alsace et la Moselle. Confirmée dans la Drôme (Audibert 2020).

©© byncsa – Olivier Gargominy – INPN

Eucobresia diaphana (Draparnaud, 1805) – Semilimace aplatie (Vitrinidés) – Depuis l’Est de la France à l’Allemagne à la Bulgarie, par l’Europe centrale. Localisée en Pologne du Sud-Ouest. Est de la France depuis l’Isère à l’Alsace, à actualiser dans les zones les plus méridionales. Confirmée en Haute Savoie (Audibert 2020). Vit dans les endroits humides et frais depuis la plaine à la montagne. Elle aime les forêts humides. S’observe jusqu’à 2900 m d’altitude.

Photo – © by – Jozef Grego – Source

Granaria frumentum (Draparnaud, 1801) – Maillot froment (Chondrinidés) – Depuis la France orientale à l’Ukraine, par l’Europe centrale et orientale. Connue aussi dans les Pyrénées. Outre son indication en Charente, l’espèce ne se trouve que dans l’Est de la France, depuis l’Hérault, l’Ardèche et l’Oise à la frontière orientale du pays. Représentée par le type en France, alors qu’on trouve G.f.hungarica en Europe orientale ou G.f.apennina dans le centre de l’Italie par exemple. Essentiel de la région Rhône Alpes mais manque dans la Loire. Elle est assez répandue dans l’Isle Crémieu [Lo Parvi], confirmée par Audibert (2020), à actualiser en d’autres endroits de la région comme dans le Rhône, mention actualisée par Audibert (op.cit.). Habitats calcaires ouverts et secs, notamment sur les pentes ensoleillées avec gazons, mais aussi sur les rochers ou les murs. S’observe généralement sous 1000 m mais atteint les 1500 m en Bulgarie.

©© byncsa – Olivier Gargominy – INPN
©© byncsa – Olivier Gargominy – INPN

Granopupa granum (Draparnaud, 1801) – Maillot grain (Chondrinidés) – Canaries, Afrique du Nord, depuis la Péninsule Ibérique à l’Afghanistan par l’Europe et l’ouest de l’Asie. Rare en Suisse. Assez répandue en France, mais absente dans le tiers nord, l’essentiel du Massif Central et rare en Rhône-Alpes (Ardèche, Drôme, Rhône). Nouvelle pour la Haute Savoie (Audibert 2020). Habitats secs et ensoleillés, espèce à tendances grégaires, sol les roches calcaires ou dans les crevasses jusqu’à 1400 m d’altitude en adret.

© – Jean-Laurent Hentz – Observatoire du PN du Gard

Jaminia quadridens (Müller, 1774) – Bulime inverse (Enidés) – Présente depuis l’Espagne à l’Allemagne et le nord de la Grèce. Menacée en Autriche. Quelques tendances méridionales, voire méditerranéenne, en France, présente dans le tiers Sud, Corse comprise, éparse jusque dans le Bassin Parisien, voire la Bretagne. Elle est dans la Vienne. Ensemble des départements de Rhône Alpes, à actualiser dans l’Ain et le Rhône. Confirmée en Haute Savoie (Audibert 2020). Vit dans les milieux secs, les prairies calcaires ensoleillées jusqu’à 2400 m d’altitude dans les Alpes. – Cartographie ONEM

©© byncsa- Lilian Léonard – INPN

Oligolimax annularis (Studer, 1820) – Semilimace globuleuse (Vitrinidés) – Depuis l’Espagne, localement, aux Alpes et très éparse plus à l’Est jusqu’en Iran et en Afghanistan. Crète. Pyrénées et Alpes, Sud du Massif Central. Dans les Alpes rhônalpines. Confirmée en Haute Savoie (Audibert 2020). Vit dans des habitats ouverts, d’humide à assez sec dans les régions montagneuses, ce jusqu’à 2800 m d’altitude, 2400 m en Crète.

©© byncsa – Olivier Gargominy – INPN

Theodoxus fluviatilis (Linnaeus, 1758) – Nérite des rivières (Néritidés) – De petite dimensions. Afrique du Nord, Ouest et centre de l’Eurasie, surtout en Europe. Introduite en Australie. Espèce souvent menacée, localement en déclin. Ensemble de la France, mais assez rare en Rhône-Alpes Dauphiné : manque dans la Loire et les Hautes Alpes, à actualiser ou présente ailleurs. Confirmée dans la Drôme (Audibert 2020). Dans des cours d’eaux ou des lacs, étangs y compris saumâtres, sur des pierres, se nourrissant du voile algal les recouvrant. Manque en altitude ou sous hautes latitudes. Longévité de 2-3 ans.

©© bysa – Michal Manas – Wikimedia commons

Trochoidea elegans (Gmelin, 1791) – Troque élégante (Hygromiidés) – Afrique du Nord, Espagne, Baléares, Italie, Sardaigne, Localement en Angleterre ou Belgique, introduite, de même qu’à l’Est des Etats Unis. Espèce méditerranéo-atlantique en France, Corse comprise, présente en outre en quelques points vers la Manche, alors introduite. Elle est sur l’ensemble des départements du Poitou-Charentes et Vendée. En Rhône Alpes, elle n’est connue qu’en Ardèche où elle est confirmée par Audibert (2020). Vit essentiellement dans les régions côtières ouvertes et herbeuses, dans les dunes, mais aussi dans les steppes et des emplacements secs et ensoleillés.

©© byncsa – Olivier Gargominy – INPN
©© byncsa – Olivier Gargominy – INPN
Recadrée

Truncatellina claustralis (Gredler, 1856) – Maillotin strié (Truncatellinidés) – Très petit. Localement en Espagne, France méridionale, Europe centrale et méridionale jusqu’en Ukraine, Nord de l’Italie. Méridionale, elle ne passe pas la moitié de la France, avec des tendances méditerranéennes. Manque en Corse. En Rhône-Alpes elle est à actualiser pour le nord des Alpes ainsi qu’en Ardèche, indiquée en Isère et dans le Rhône. Confirmée en Haute Savoie (Audibert 2020). Occupe des habitats secs, tout particulièrement dans les Alpes. Se trouve sur les collines au niveau de rochers calcaires secs, parfois dans des prairies sur substrats graveleux. Jusqu’à 1000 m d’altitude.

Vertigo alpestris Alder, 1848 – Vertigo des Alpes (Vertiginidés) – Islande. Présente depuis la France à l’Ukraine, par le centre de l’Europe. Scandinavie et Grande Bretagne. Menacée en Allemagne. Ponctuellement en Amérique du Nord. Rare en France, mentions dans l’Est des Pyrénées, dans les Alpes et très ponctuellement ailleurs. Elle est localisée en Rhône-Alpes et manque dans plusieurs départements. Indiquée dans le Rhône (Audibert 2020). Vit dans les zones forestières de montagne, ainsi que dans des zones de rochers envahies de végétation sous 2500 m d’altitude. Aussi sur les vieux murs comme en Angleterre.

©© by – Sergi Gago Carrión – GBIF

Vertigo angustior Jeffrey, 1830 – Vertigo étroit (Vertiginidés) – Surtout dans le Centre de l’Europe, présente depuis l’Irlande et l’Espagne, par l’Europe et l’ouest de l’Asie, à la Mer Caspienne au nord de l’Iran, sud de la Scandinavie. En déclin, menacée en Suisse, en Allemagne ou en Grande Bretagne. Mentions éparses en France, surtout dans le Sud-Est et le Bassin Parisien, ainsi qu’en Languedoc Roussillon. Manque en Corse. En Rhône Alpes l’espèce ne manque que dans la Loire et est à actualiser pour la Drôme. Confirmée en Haute Savoie (Audibert 2020). Vit dans les marais et les prairies humides, les milieux humides dunaires ou des estuaires, sur quelques dalles calcaires, dans litière ou les mousses. S’observe jusqu’à 1150 (1900) m d’altitude.

©© byncsa – Olivier Gargominy – Pôle Invertébrés AuRA

Vertigo pusilla Müller, 1764 – Vertigo inverse (Vertiginidés) – Très petite espèce. Présente depuis l’Irlande et l’Espagne à l’Ukraine, le Caucase et l’Altaï en passant par le centre de l’Europe. Menacée en Espagne. Mentions éparses en France, essentiellement dans le centre et l’est du pays. Manque en Corse. En Rhône Alpes elle manque ou est à actualiser pour plusieurs départements. Confirmée en Haute Savoie (Audibert 2020). Vit dans les forêts plus ou moins denses, de préférence sur les roches, mais aussi dans des dunes ou quelques prairies alpines rocheuses, jusqu’à 1900 m d’altitude.

©© byncsa – Olivier Gargominy – INPN

Xerocrassa geyeri (Soós, 1926) – Hélicette des steppes (Géomitridés) – syn. : Trochoidea geyeri – Très rare au Maroc. Aire discontinue en Europe, essentiellement en Allemagne et dans le Sud de la France, mais remonte jusqu’en Suède méridionale et se trouve en Espagne ou en Europe centrale. Menacée en Suisse. Répandue sur le continent à l’époque du Pléistocène, sa distribution actuelle est relictuelle. On la trouvait ainsi en France jusqu’en Charente.

©© byncsa – Olivier Gargominy – INPN

Xeropicta derbentina (Krynicky, 1836) – Hélicelle des Balkans (AP) – Originaire de l’Est de l’Europe, introduite dans le Midi dans les années 1940. En expansion, cette espèce se trouve dans le Sud-Est depuis l’Hérault et les Alpes Maritimes à l’Isère et au Rhône. L’espèce n’était présente que dans les Bouches du Rhône dans les années 1960. Elle pénètre en Provence dans les années 1980-1990. Nouvelle dans les années 2010 dans la région de Valence (Audibert 2020).

©© byncsa – Olivier Gargominy – INPN

Références

  • Audibert C. 2020 – Note sur quelques mollusques continentaux rares ou peu connus de France. – Folia Conchyliologica, 59.
  • Delcourt J. 2015 – Observations de Cernuella virgata et Monacha cartusiana en region liégeoise : signe d’expansion d’especes xéro-thermophiles en Wallonie ? – Novapex, 16 (2) : 53-57.
  • Noël V. & Bichain J.M. 2018 – Première observation de Cernuella virgata (da Costa, 1778) (Gastropoda, Geomitridae) en Alsace (France). – Bull. de la Soc. d’Hist. Nat. et d’Ethnographie de Colmar, 75 : 35-40. – PDF LINK