17 avril 2021

Le Milan royal est-il menacé ou en progression ?

Cette planche de Dresser (XIXe siècle) représente le Milan royal (Milvus milvus (Linnaeus, 1758)) qui est un Accipitridé à surveiller, Quasi menacée (NT 2005) globalement.

©© byncsa – J.P.Siblet – INPN

On trouve les Milans royaux en Europe depuis le Maroc, l’Espagne à la Biélorussie en passant par la France, avec l’essentiel des populations entre l’Espagne et l’Allemagne. Ils nichent en outre dans les îles de la Méditerranée occidentale. Ils sont en déclin dans l’ouest alors qu’ils progressent en Scandinavie (ainsi en Suède il y avait 30-50 couples dans les années 1970, 1800 dans les années 2000). Les populations des îles Britanniques sont dans un bon état de conservation en raison de mesures de préservation (2200 couples). La sous-espèce – ou espèce – du Cap Vert (M.m.fascicauda Hartert, 1914) est considérée comme éteinte.

En France, une partie des populations est migratrice, notamment dans le nord-est du pays. Ces oiseaux se dirigent alors vers le Sud-Ouest du pays (dortoirs nombreux dans les piémonts des Pyrénées) et en Espagne, et quelques uns passent le détroit de Gibraltar pour l’Afrique. Espèce nicheuse en Corse, dans le Nord-Est, la chaîne du Jura, le Massif Central et les Pyrénées. Très occasionnelle en nidification ailleurs. En période de passages ou en hivernage, elle est plus fréquente sur l’essentiel du territoire mais s’observe très rarement en Bretagne, Normandie ou dans les Pays de la Loire. Les effectifs ont chuté de plus de 20% en France au cours des années 2000 seulement. Elle est en déclin inquiétant, mais semble désormais stabilisée.

Il recherche les milieux ouverts pour la chasse et des habitats forestiers pour sa nidification. Il niche généralement en lisière souvent sur un vieux Chêne ou lorsqu’il est plus en altitude, un Sapin ou un Hêtre. Il recherche de grands arbres passant les 10 m de hauteur. En hivernage, les oiseaux d’Europe occidentale s’approchent des décharges où ils trouvent des ressources alimentaires. Le Milan royal s’installe sur les sites de nidification entre fin mars et début avril, la ponte ayant lieu entre 15 jours et un mois plus tard. L’incubation dure près d’un mois. Envol des jeunes au bout de deux mois. Maturité sexuelle généralement à l’âge de 3 ans. Sa longévité peut passer les 20 ans. Cet oiseau a des tendances nécrophages.

L’espèce paraissait abondante dans presque toute son aire de distribution aux XVIe et XVIIe siècles et elle est encore fréquente dans certaines zones de la France comme la Savoie au XIXe siècle, secteur qui n’est plus occupé de nos jours. Un important déclin suit le milieu du XIXe siècle, mais cette tendance s’est inversée suite à sa protection dans les années 1970. Cette reprise s’est poursuivie jusqu’aux années 2000, décennie funeste pour l’oiseau qui décline de nouveau de manière importante. Suite à ce déclin ponctuel dans le temps, les populations semblent stabilisées. On note néanmoins une progression des passages aux cols avec des records réguliers d’année en année à Organbidexka par exemple depuis le début des années 2010. Sur la même décennie les effectifs des hivernants en France a plus de doublé passant de 5000 à 12000 individus. Dans certaines régions de France, l’espèce est menacée par empoisonnement indirect.