20 janvier 2021

Le Milan royal est-il menacé ou en progression ?

Cette planche de Dresser (XIXe siècle) représente le Milan royal (Milvus milvus (Linnaeus, 1758)) qui est un Accipitridé à surveiller, Quasi menacée (NT 2005) globalement.

©© byncsa – J.P.Siblet – INPN

On trouve les Milans royaux en Europe depuis le Maroc, l’Espagne Ă  la BiĂ©lorussie en passant par la France, avec l’essentiel des populations entre l’Espagne et l’Allemagne. Ils nichent en outre dans les Ă®les de la MĂ©diterranĂ©e occidentale. Ils sont en dĂ©clin dans l’ouest alors qu’ils progressent en Scandinavie (ainsi en Suède il y avait 30-50 couples dans les annĂ©es 1970, 1800 dans les annĂ©es 2000). Les populations des Ă®les Britanniques sont dans un bon Ă©tat de conservation en raison de mesures de prĂ©servation (2200 couples). La sous-espèce – ou espèce – du Cap Vert (M.m.fascicauda Hartert, 1914) est considĂ©rĂ©e comme Ă©teinte.

En France, une partie des populations est migratrice, notamment dans le nord-est du pays. Ces oiseaux se dirigent alors vers le Sud-Ouest du pays (dortoirs nombreux dans les piĂ©monts des PyrĂ©nĂ©es) et en Espagne, et quelques uns passent le dĂ©troit de Gibraltar pour l’Afrique. Espèce nicheuse en Corse, dans le Nord-Est, la chaĂ®ne du Jura, le Massif Central et les PyrĂ©nĂ©es. Très occasionnelle en nidification ailleurs. En pĂ©riode de passages ou en hivernage, elle est plus frĂ©quente sur l’essentiel du territoire mais s’observe très rarement en Bretagne, Normandie ou dans les Pays de la Loire. Les effectifs ont chutĂ© de plus de 20% en France au cours des annĂ©es 2000 seulement. Elle est en dĂ©clin inquiĂ©tant, mais semble dĂ©sormais stabilisĂ©e.

Il recherche les milieux ouverts pour la chasse et des habitats forestiers pour sa nidification. Il niche gĂ©nĂ©ralement en lisière souvent sur un vieux ChĂŞne ou lorsqu’il est plus en altitude, un Sapin ou un HĂŞtre. Il recherche de grands arbres passant les 10 m de hauteur. En hivernage, les oiseaux d’Europe occidentale s’approchent des dĂ©charges oĂą ils trouvent des ressources alimentaires. Le Milan royal s’installe sur les sites de nidification entre fin mars et dĂ©but avril, la ponte ayant lieu entre 15 jours et un mois plus tard. L’incubation dure près d’un mois. Envol des jeunes au bout de deux mois. MaturitĂ© sexuelle gĂ©nĂ©ralement Ă  l’âge de 3 ans. Sa longĂ©vitĂ© peut passer les 20 ans. Cet oiseau a des tendances nĂ©crophages.

L’espèce paraissait abondante dans presque toute son aire de distribution aux XVIe et XVIIe siècles et elle est encore frĂ©quente dans certaines zones de la France comme la Savoie au XIXe siècle, secteur qui n’est plus occupĂ© de nos jours. Un important dĂ©clin suit le milieu du XIXe siècle, mais cette tendance s’est inversĂ©e suite Ă  sa protection dans les annĂ©es 1970. Cette reprise s’est poursuivie jusqu’aux annĂ©es 2000, dĂ©cennie funeste pour l’oiseau qui dĂ©cline de nouveau de manière importante. Suite Ă  ce dĂ©clin ponctuel dans le temps, les populations semblent stabilisĂ©es. On note nĂ©anmoins une progression des passages aux cols avec des records rĂ©guliers d’annĂ©e en annĂ©e Ă  Organbidexka par exemple depuis le dĂ©but des annĂ©es 2010. Sur la mĂŞme dĂ©cennie les effectifs des hivernants en France a plus de doublĂ© passant de 5000 Ă  12000 individus. Dans certaines rĂ©gions de France, l’espèce est menacĂ©e par empoisonnement indirect.