17 avril 2021

Le Chêne pédonculé parmi les arbres remarquables

Image mise en avant – ©© – Michel Lefrancq – Arbres monumentaux – Bulat-Pestivien (Côtes d’Armor, France) – Circonférence de 12,7 cm

Le Chêne pédonculé (Quercus robur L.) est aussi connu sous le nom de Chêne rouvre (nom partagé aussi avec le Chêne sessile) ou Quercus pedunculata. Cet arbre n’est pas menacé globalement (LC), mais il présente certains individus tout à fait remarquables qu’il convient de préserver.

Le nom de genre Quercus donné aux Chênes provient d’une racine celtique (kaër) qui signifie bel arbre. Le Chêne pédonculé n’a de pédonculé que la « tige » qui tient le gland, les feuilles sont attachées directement sur la branche et ne présentent pas de pétiole marqué.

Planche de Thomé (1885)

Ce grand arbre atteint généralement les 25 à 35 m de haut, mais il peut dépasser les 40 m. Son apparence est similaire à celle du Chêne sessile mais s’en distingue par exemple à l’examen des glands qui sont pédonculés. Il s’agit d’un des Chênes les plus commun en Europe.  On distingue du type la sous-espèce extramadurensis un taxon parfois confondu avec l’espèce. Le Chêne de juin (Quercus robur var. tardissima) a une feuillaison et une floraison très tardive, en juin. On en trouve par exemple en Bresse ou en Sologne (France). Le Chêne est un arbre symbolique de la majesté et de la puissance. St Louis rendait justice sous un Chêne et c’est sous le Chêne des fées à Domrémy que Jeanne d’Arc a entendu des voix.

Cave de Beaumes de Venise : vieillissement
en futs de Chênes
©© bysa – Marianne Casamance – Wikimedia Commons

Espèce eurocaucasienne. Localement en Afrique du Nord. Régions tempérées d’Europe dans les climats océaniques ou continentaux modérés et dans une moindre mesure méditerranéens. Naturalisée en Amérique du Nord. Très commune dans les plaines de France (étages planitiaires et collinéens), hormis dans la région méditerranéenne où il est beaucoup plus rare et pénètre par la basse vallée du Rhône jusqu’en Camargue, toutefois présente en Corse – très rare – (vignette cartographique – Tela Botanica). Se développe sur des substrats très divers (plutôt en sols profonds) tant au niveau de la nature que du pH, avec un taux d’humidité plus ou moins important, il supporte les inondations si bien qu’on le trouve aussi dans des forêts assez humides. A contrario il ne tolère pas les fortes sécheresses répétées en été. Les jeunes pieds sont héliophiles. Il ne dépasse pas les 1300 m d’altitude. Cette essence domine ou est importante pour diverses associations phytosociologiques. Fleurit en avril-mai, voire jusqu’en juin (var. tardissima). Longévité pouvant passer les 500 ans, les chiffres record de 700 à 1200 ans, voire 2000 ans sont annoncés. Il s’agit d’une des essences les plus longives chez les feuillus en Europe. Cet arbre est porteur de diverses galles comme celles d’Andricus kollari, Neurosterus numismalis ou Cynips quercusfolii, etc.

Sa richesse en tanin en fait un arbre recherché pour la réalisation de tonneaux.

Les glands sont consommés par les Porcs domestiques et les Sangliers.

©© by – Carte inspirée de Caudullo & al. (2017) – Wikimedia commons
©© bysa – Jean-Paul Grandmont – Wikimedia commons – Chêne remarquable de Belgique présent à Mesnil Eglise, estimé à 600 ans
©© bync – Tim B. – Arbres monumentaux – Il s’agit d’un des Chênes les plus impresssionant de Grande Bretagne, il est nommé « Majesty » et se trouve à Nonington dans le Parc de Fredville, malgré ses dimensions, il pourrait n’avoir que 450 ans, mais est réputé plus âgé selon les sources