20 janvier 2021

Des Moules d’eau douce vivant plus d’un siècle : Pseudunio auricularius

Les Grandes Mulettes (Pseudunio auricularius (Sprengler, 1793) sont des MargaritifĂ©ridĂ©s connues aussi sous le nom de Margaritifera auricularia. Elles sont considĂ©rĂ©es comme En Grave Danger (CR). Ces Moules d’eau douce atteignent des dimensions de 20 cm Ă  l’âge adulte pour un poids de 500 g. Il s’agit du plus gros Mollusque d’eau douce d’Europe.

Elles atteignent leur maturitĂ© sexuelle vers 12 Ă  20 ans. Sa longĂ©vitĂ© est de l’ordre de 100 Ă  150 ans.

C’est une Moule perlière, mais Ă  ne pas confondre avec la vĂ©ritable Moule perlière (Margaritifera margaritifera). On trouve cette espèce en Espagne (Ebre), France et Italie de manière très localisĂ©e. Portugal [?], anciennement voire sub-fossile en Allemagne, Belgique, Pays Bas, TchĂ©quie, voire Angleterre (fossiles : Tamise). Au Maroc, Pseudunio marocana est parfois considĂ©rĂ©e comme une sous-espèce. La larve glochidie, rĂ©putĂ©e se dĂ©velopper sur les Esturgeons seulement, est en fait prise en charge par les Blennies fluviatiles voire Gambusia holbrooki ou Rhodeus amarus ; les hĂ´tes n’Ă©taient pas connues encore Ă  la fin des annĂ©es 1990. On trouve encore Gasterosteus aculeatus, Lampetra fluviatilis, Petromyzon marinus ainsi que probablement Silurus glanis, etc. Elle occupe de grands cours d’eau propres comme la Vienne ou la Charente dans leur cours infĂ©rieur.

C’Ă©tait encore au XIXe siècle, une espèce très commune. On la trouvait sur l’essentiel des grands fleuves d’Europe occidentale. Elle a Ă©tĂ© surexploitĂ©e pour ses perles de nacre si bien qu’on l’a cru disparue au dĂ©but du XXe siècle. Elle est redĂ©couverte dans les annĂ©es 1990 en Espagne au niveau de l’Ebre, ainsi qu’en France, dans la Vienne et la Charente. Elle est aussi dans l’Aube. Ce sont nĂ©anmoins des sujets âgĂ©s qui ne se reproduisent pas et l’espèce pourrait ĂŞtre condamnĂ©e.

RĂ©partition en France
©© byncsa – Vicnent PriĂ© (association Caracol) – INPN

C’est le Patagaux ou le Bedjar de la Charente. On l’a pĂŞchĂ© jusque dans les annĂ©es 1750 pour ses perles nacrĂ©es. Elle a par ailleurs Ă©tĂ© consommĂ©e jusque très rĂ©cemment. DĂ©laissĂ©e par les malacologues au XXe siècle, l’espèce semble oubliĂ©e. Sa redĂ©couverte dans la Charente date de 2003. On y trouve la plus grosse population mondiale de Grande Mulette (près de 100.000 individus) et contrairement Ă  ce qui est indiquĂ© plus haut on y trouve des jeunes individus. Si l’espèce se reproduit, l’hĂ´te exact de la larve glochidie sur la Charente reste inconnu (Campion 2010).


  • Araujo R. & Ramos M.A. 1998 – Margaritifera auricularia (Unionoidea, Margaritiferidae), the giant freshwater pearl mussel rediscovered in Spain. – Graellsia, 54 : 129-130.
  • Campion E. 2010 – La Grande Mulette Margaritifera auricularia sur la Charente. – Biotope.
  • PriĂ© V. & Cochet G. 2011 – Plan national d’actions en faveur de la Grande Mulette. 2012-2017. – Minist. de l’envir. – PDF LINK

Image mise en avant – ©© bysa – F.Welter Schultes – Wikimedia commons