17 avril 2021

Des Moules d’eau douce vivant plus d’un siècle : Pseudunio auricularius

Les Grandes Mulettes (Pseudunio auricularius (Sprengler, 1793) sont des Margaritiféridés connues aussi sous le nom de Margaritifera auricularia. Elles sont considérées comme En Grave Danger (CR). Ces Moules d’eau douce atteignent des dimensions de 20 cm à l’âge adulte pour un poids de 500 g. Il s’agit du plus gros Mollusque d’eau douce d’Europe.

Elles atteignent leur maturité sexuelle vers 12 à 20 ans. Sa longévité est de l’ordre de 100 à 150 ans.

C’est une Moule perlière, mais à ne pas confondre avec la véritable Moule perlière (Margaritifera margaritifera). On trouve cette espèce en Espagne (Ebre), France et Italie de manière très localisée. Portugal [?], anciennement voire sub-fossile en Allemagne, Belgique, Pays Bas, Tchéquie, voire Angleterre (fossiles : Tamise). Au Maroc, Pseudunio marocana est parfois considérée comme une sous-espèce. La larve glochidie, réputée se développer sur les Esturgeons seulement, est en fait prise en charge par les Blennies fluviatiles voire Gambusia holbrooki ou Rhodeus amarus ; les hôtes n’étaient pas connues encore à la fin des années 1990. On trouve encore Gasterosteus aculeatus, Lampetra fluviatilis, Petromyzon marinus ainsi que probablement Silurus glanis, etc. Elle occupe de grands cours d’eau propres comme la Vienne ou la Charente dans leur cours inférieur.

C’était encore au XIXe siècle, une espèce très commune. On la trouvait sur l’essentiel des grands fleuves d’Europe occidentale. Elle a été surexploitée pour ses perles de nacre si bien qu’on l’a cru disparue au début du XXe siècle. Elle est redécouverte dans les années 1990 en Espagne au niveau de l’Ebre, ainsi qu’en France, dans la Vienne et la Charente. Elle est aussi dans l’Aube. Ce sont néanmoins des sujets âgés qui ne se reproduisent pas et l’espèce pourrait être condamnée.

Répartition en France
©© byncsa – Vicnent Prié (association Caracol) – INPN

C’est le Patagaux ou le Bedjar de la Charente. On l’a pêché jusque dans les années 1750 pour ses perles nacrées. Elle a par ailleurs été consommée jusque très récemment. Délaissée par les malacologues au XXe siècle, l’espèce semble oubliée. Sa redécouverte dans la Charente date de 2003. On y trouve la plus grosse population mondiale de Grande Mulette (près de 100.000 individus) et contrairement à ce qui est indiqué plus haut on y trouve des jeunes individus. Si l’espèce se reproduit, l’hôte exact de la larve glochidie sur la Charente reste inconnu (Campion 2010).


  • Araujo R. & Ramos M.A. 1998 – Margaritifera auricularia (Unionoidea, Margaritiferidae), the giant freshwater pearl mussel rediscovered in Spain. – Graellsia, 54 : 129-130.
  • Campion E. 2010 – La Grande Mulette Margaritifera auricularia sur la Charente. – Biotope.
  • Prié V. & Cochet G. 2011 – Plan national d’actions en faveur de la Grande Mulette. 2012-2017. – Minist. de l’envir. – PDF LINK

Image mise en avant – ©© bysa – F.Welter Schultes – Wikimedia commons