30 novembre 2020

Abeilles mellifères, Apis mellifera et suicide de l’humanité

Les Abeilles mellifères ou Abeilles « domestiques » (Apis mellifera Linnaeus, 1758) sont des Insectes très populaires et bien connus pour leur élevage sous forme de ruches. Elles sont actuellement le témoin du déclin de la Biodiversité des pollinisateurs. Il s’agit d’un véritable suicide de l’humanité à plus ou moins long terme. Il s’agit d’un phénomène récent et particulièrement critique clairement dénoncé au cours du présent XXIe siècle. Les disparitions concernent de 50 à 90% des populations en quelques années seulement.

Apis mellifera carnica – ©© bysa – Richard Barz – Wikimedia commons

En France et en Corse on en trouve régulièrement partout… mais les plus fins naturalistes ont déjà constaté qu’elles étaient moins fréquentes et visibles en plus faible nombre, alors qu’il s’agissait ne serait-ce qu’au milieu des années 2010 d’un Insecte tout à fait commun.

Ce sont des Hyménoptères (hyper) sociaux (jusqu’à 80.000 individus par ruche) de la famille des Apidés qui mesurent entre 11 et 13 mm pour les ouvrières, 15 à 16 mm pour les faux bourdons qui sont les mâles et 15 à 20 mm pour les reines. Ils se distinguent des espèces les plus voisines, parmi les Abeilles sauvages, pour l’adaptation de leurs pattes postérieures modifiées en forme de corbeille, propres à accumuler des boulettes de pollen. Les Abeilles sont bien connues pour produire le miel qui leur sert de nourriture pendant la période hivernale. Les larves se développant dans des loges alvéolaires sont nourries de miel, pollen et de gelée royale.

La présence des Abeilles mellifères est naturelle en Europe tempérée, Asie mineure et en Afrique. Domestiquée, elle vit désormais sur l’ensemble des continents mais en Asie du Sud-Est on a des espèces voisines de manière préférentielle (Apis cerana, A.florea, A.dorsata…). Naturellement les essaims s’installent dans des cavités d’arbres creux ou dans des anfractuosités de parois rocheuses. Les Abeilles, pollinisatrices infatigables des fleurs, ont une action fondamentale pour la fructification des Angiospermes tant sauvages que cultivés. Elles ont ainsi un rôle quasi incontournable dans la formation de nos fruits ou de nos graines de cultures. Par des comportements particuliers une ruche peut tendre à récolter de manière privilégiée le pollen d’une ressource abondante dans son environnement ce qui produit des miels diversifiés, comme le miel de Chataîgnier, de Sapin, etc. On distingue un grand nombre de lignés domestiques considérées comme des formes ou des sous-espèces selon les auteurs. L’Abeille noire (Apis mellifera mellifera) est une des plus fréquemment utilisée en apiculture.

Il est démontré qu’en Europe nous sommes confrontés à un déclin majeur des Insectes car près de 75% des effectifs de ces animaux a disparu ces dernières décennies. Parmi les pollinisateurs, les Abeilles sont particulièrement menacées. Ce sont près de 80 % des plantes à fleur et 84 % des espèces cultivées qui sont concernées par leur déclin. L’ensemble des écosystèmes et des agrosystèmes est actuellement déséquilibré par le déficit récent des Insectes pollinisateurs et on mesure encore très mal, en Europe, les conséquences à court ou moyen terme. Des études toxicologiques montrent que 98% des Abeilles mortes dans les ruchers étaient empoisonnées par un (14%) ou plusieurs pesticides (85%) employés en agriculture. Notons que ces produits ont aussi un impact significatif sur la santé humaine. Les utiliser de manière immodérée est en quelque sorte un suicide de l’humanité. La prise de conscience de ces difficultés en particulier dans les années 2000, s’est traduite par des recherches approfondies au cours des années 2010, mais malgré les alarmes les actions sont en contradiction avec tout bon sens : les pesticides continuent d’être utilisés alors que nous voyons plus haut que les agrosystèmes sont directement concernés par la crise entamée. La puissance des lobbys agrochimiques se traduit par un usage à déraison et persistant des pesticides, y compris ceux reconnus comme étant les plus apicides et par rebond anthropocides. Certains organismes contradictoires en sont encore au niveau de la négociation faute de pouvoir passer à l’action : il y a néanmoins urgence de ne pas faire.

Historiquement les ancêtres des Abeilles « domestique » sont originaires d’Afrique. Les installations se sont faite selon deux voies : une voie occidentale concernant l’Europe de l’Ouest et une voie orientale pour l’Europe centrale et l’Asie. La venue de ces Insectes est ancienne, à la fois naturelle et à la fois artificielle, sous le fait de la diffusion des essaims accompagnés de l’ouvrage de l’apiculture.

Une des premières études avec un microscope, cette planche de 1625 rend compte des travaux de Frederico Ceci et Francesco Stelluti sur ces Insectes

Aux menaces énoncées ci-dessus, on peut craindre des conséquences (ou des solutions) dans l’usage d’Abeilles OGM (Organismes Génétiquement Modifiés)… mais c’est une nouvelle question qui ne doit pas venir masquer l’urgence de la sauvegarde des Abeilles et des autres pollinisateurs contre l’usage intensif des pesticides.

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