29 novembre 2020

La Vipère d’Orsini dans le sud-est de la Drôme : mythe ou réalité ?

Photo d’annonce – © Olivier Iborra

La Vipère d’Orsini (Vipera ursinii Bonaparte, 1835) est un Vipéridé, Vulnérable au niveau mondial. Il s’agit d’une petite Vipère ne dépassant généralement pas les 50 cm. Discrète, elle est difficile à détecter. Elle se nourrit de manière quasi exclusive d’Orthoptères (99 % de l’alimentation au Mont Ventoux), mais Angel (1946) parle aussi de petits Rongeurs, de Lézards, de Grenouilles et d’autres Insectes.

©© bysa – Boute Ten Cate – France, Mont Ventoux le 10 juillet 2012 – Wikimedia commons

En France

Présente depuis le Sud-Est de la France, plus ou moins sporadiquement, jusqu’en Chine, mais sous forme d’un complexe d’espèces très voisines. La véritable Vipère d’Orsini ne vit qu’en Europe méridionale, depuis la France à la Grèce et la Moldavie selon un aire très morcelée. Probablement disparue d’Autriche et de Bulgarie, elle est au bord de l’extinction en Hongrie et Moldavie. Ses zones d’habitats sont très morcelés en Europe occidentale. On la connaît en France sur une douzaine de stations de la Provence situés entre 950 et 2200 m d’altitude ; elle n’est pas en plaine et manque dans les Bouches du Rhône. Il s’agit alors dans l’ouest de son aire d’une espèce montagnarde à tendances méditerranéennes. Sa population est estimée à près de 60.000 individus dans le pays. Elle est classée En Danger (EN 2015) en France. Globalement, elle vit dans des milieux divers allant des prairies sèches de montagne, jusqu’à 2700 m d’altitude, aux zones humides de plaine. C’est une espèce diurne. En France, elle est active de mars à octobre. Ovovivipare, les petits vipéreaux sont « accouchés » entre la fin du mois d’août à début septembre.

Sous-espèces

C’est la sous-espèce type qui est en France et en Italie. On trouve plus à l’est de l’Autriche à la Roumanie et la Bulgarie, la sous-espèce rakosiensis, dans l’ouest des Balkans, macrops, en Grèce, graeca et localement en Moldavie, Roumanie et Bulgarie, moldavica. Plus à l’est en Asie, il semble en définitive s’agir d’espèces très voisines comme Vipera anatolica en Turquie, Vipera renardi en Asie, et, au niveau du Caucase, Vipera eriwanensis. On distingue parfois les populations de la Montagne de Lure comme une sous-espèce particulière : Vipera ursinii wettsteini, mais il pourrait ne s’agir que d’une forme locale. Les analyses génétiques montre une importante différenciation entre les différents noyaux de population en France, donc un certain isolement génétique (microtaxons ?).

Et dans la Drôme ?

Elle est indiquée par Fretey (1987) dans le sud-est de la Drôme. On s’est interrogé sur sa présence suite à une indication à Lus La Croix Haute dans la Drôme, mais celle-ci a été réfutée (de Thiersant & Deliry 2008, Deliry 2009). En définitive, malgré de recherches spécifiques (notamment vers le Col du Perty et la Montagne d’Albion) dans ce département, elle n’a pas été découverte, on a des indices et les recherches doivent se poursuivre (Parrain 2010). Elle devra être activement recherchée dans les Baronnies selon le nouveau Plan National [2020-2030].

Références

  • Angel F. 1946 Reptiles et Amphibiens. – Faune de France, 45, Libr. de la Fac. des Sciences, Paris.
  • de Thiersant M.P. & Deliry C. (coord.) 2008 Liste Rouge des Vertébrés de la région Rhône-Alpes. – CORA Faune Sauvage, Région Rhône-Alpes.
  • Deliry C. 2009 Catalogue des Reptiles de Rhône-Alpes & Dauphiné. – Histoires Naturelles n°5.
  • Parrain N. (coord.) 2010 Atlas préliminaire des Reptiles et Amphibiens de la Drôme. 2010. – Groupe Herpétologique Drômois, SHF, LPO Drôme.