30 novembre 2020

La Tadorne casarca « sauvage » s’installe pour hiverner en Europe orientale

La Tadorne cascarca (Tadorna ferruginea) est un Anatidé, a été un temps classée en Grave Danger en Europe (CR) où elle niche depuis la Grèce orientale à la Roumanie et l’Ukraine, par la Bulgarie. Elle a été décrite en 1764 par Pallas. Il s’agit d’un Oiseau répandu en Asie et plus localisé dans la moitié nord de l’Afrique, jusqu’en Ethiopie. Elle niche principalement au bord de cours d’eau ou de lacs dans des régions steppiques. On peut la trouver à plus de 4000 m d’altitude en Ethiopie et observée à 5000 m au Tibet. Elle niche en colonies lâches dans des terriers, à l’instar de la Tadorne de Belon. La plupart des oiseaux hiverne en Inde et dans le Sud-est de l’Asie ainsi qu’au Moyen Orient, mais les cas d’hivernage notamment en Bulgarie sont en augmentation. A contrario les oiseaux nicheurs en Bulgarie ont chuté de plus d’une centaine dans les années 1990, à seulement 15-20 couples en 2015, mais se sont repris à 80-120 couple désormais. Il y a en en Grèce entre 60 à 80 couples côté Thrace ainsi que dans les îles de la Mer Egée et en Roumanie l’espèce est très localisée pour 40 à 70 couples. Les effectifs internuptiaux sont passé rapidement d’une quarantaine au début des années 2010 à près de 1200 en 2019. Elle est devenue régulière en hivernage. On a vu en Grèce une troupe de plus de 1000 individus en décembre 2017 dans le delta de l’Evros. Ces augmentations sont reliée probablement aux changements climatiques ainsi qu’au développement de populations férales en Europe et notamment en Ukraine (voir Shurulinkov & al. 2020).

Elle était jadis présente dans l’essentiel du Sud de l’Europe comme en témoignent des illustrations anciennes sur des tableaux. Au XVIIIe siècle les Hongrois l’utilisait comme animal de garde, une coutume qui se serait maintenue récemment en Bulgarie (Yeatman 1971).

Paris (1921) indique cette Tadorne comme accidentelle en France, signalée surtout dans le Midi. A l’époque l’espèce habitait le sud-est de l’Europe, le nord de l’Afrique et l’Asie jusqu’au Japon, pouvant descendre en hiver en Indochine.

©© bysa – GoodFriend19 – Wikimedia commons

La Tadorne casarca est en Europe occidentale, une espèce férale notamment en France et qui en Rhône-Alpes (France), niche probablement sur le Léman et le Haut-Rhône, ainsi que peut-être en Dombes ou en Forez. Elle est dans cette région plus dispersée en période internuptiale, mais en première approche, elle apparaît sédentaire (Deliry 2017). Le premier cas de nidification en France date de l’année 2000, les observations d’oiseaux plus ou moins dispersifs concernent entre 150 et 200 individus pour près d’une vingtaine de couples nicheurs, essentiellement dans le nord-est du pays et en Alsace. Les observations se multiplient en Camargue et dans le Jura, ainsi qu’en quelques points de la façade Atlantique, de la Manche et de la Mer du Nord.

Références citées

  • Deliry C. 2017 Catalogue des oiseaux de la région Rhône-Alpes. – Histoires Naturelles n°6 (1ère édition 2009).
  • Paris P. 1921 – Faune de France. 2. Oiseaux. – Librairie de la Faculté des Sciences, Paris.
  • Shurulinkov P. & al. 2020 – Recent changes in the presence status and numbers of ruddy shelduck (Tadorna ferruginea) in the Eastern Balkans. – Historia naturalis bulgarica, 41 : 41-49. – PDF LINK
  • Yeatman L. 1971 – Histoire des Oiseaux d’Europe. – Bordas, Paris, Montréal : 367 pp.

Photo d’entête – ©© byncsa – Nicolas Belcourt – INPN