3 mars 2021

Ecrevisses

Les ancêtres des Ecrevisses sont décapodes océaniques à l’origine aussi d’espèces comme les Homards. Les Ecrevisses de l’hémisphère sud sont plus primitives, dans l’hémisphère nord, elles se divisent en deux ensembles, l’un américain avec les Cambaridés (cette famille est très diversifiée), l’autre eurasiatique avec les Astacidés.

Quand on parle dĂ©sormais de pĂŞche Ă  l’Ecrevisse en France, de nos jour, c’est d’Ecrevisses d’origine amĂ©ricaine qu’il s’agit. Ce sont des Ecrevisses d’importation qui ont envahi nos rivières. Elles sont classĂ©es « nuisibles Â» et ne disposent pas de taille lĂ©gale de capture, il s’agit mĂŞme de ne pas le rejeter Ă  l’eau. Mais attention aux confusions… On trouve l’Ecrevisse amĂ©ricaine (Orconectes limosus), l’Ecrevisse signal (Pacifasciatus leniusculus) et Procambarus clarki ou Ecrevisse de Louisiane. La pĂŞche se fait selon diverses mĂ©thodes, la principale Ă©tant l’utilisation d’une balance Ă  Ă©crevisses.

On pourra ĂŞtre surpris sur un site liĂ© Ă  l’environnement et sa conservation de parler de pĂŞche et en l’occurrence de manière positive. On soulignera que tout moyen de capture et de rĂ©gulation des Ecrevisses d’origine amĂ©ricaine est propice Ă  la conservation de l’environnement et Ă  celle des Ecrevisses autochtones : concurrence avec les espèces autochtones, vectrices de maladies, dĂ©sĂ©quilibre environnemental, consommation excessive de larves de Libellules, etc. Diverses mĂ©thodes d’éradication des espèces sont actuellement testĂ©es.

Balance Ă  Ecrevisses

Par contre il est dĂ©montrĂ© notamment au Portugal que ces espèces sont favorables au dĂ©veloppement des populations de Loutres… et de Sangliers, grands consommateurs d’Ecrevisses. Sur ce point la situation ne semble pas très Ă©tudiĂ©e en France, mais des similitudes doivent exister. On sait par exemple qu’en Camargue, les Ecrevisses entrent dans 80% de l’alimentation des poussins du HĂ©ron gardeboeuf. Notons alors que les Ecrevisses concentrent volontiers les polluants comme les PCB et peuvent ainsi contaminer les chaines alimentaires et en particulier devenir dĂ©favorables aux prĂ©dateurs supĂ©rieurs, y compris les consommateurs, car il s’agit d’animaux très rĂ©gulièrement cuisinĂ©s.

Depuis la fin du XIXe siècle la distribution des Ecrevisses en France a connu de profonds bouleversements : par la disparition de populations entières d’Ecrevisses indigènes (3 espèces) suite Ă  des maladies et par adjonction de six espèces allochtones originaires d’Asie (1 espèce) ou d’AmĂ©rique du Nord (5 espèces). Si l’introduction des espèces amĂ©ricaines remonte pour certaines Ă  plus de 150 ans, les annĂ©es 2000, vraisemblablement sous le coup du rĂ©chauffement climatique a vu leur forte expansion, les espèces indigènes Ă©tant de plus en plus menacĂ©es. Nous connaissons en France neuf espèces dont trois dĂ©jĂ  citĂ©es plus haut. Seulement trois sont indigènes : l’Ecrevisse Ă  pied blanc (Austropotamobius pallipes), l’Ecrevisse Ă  pattes rouges (Astacus astacus) et l’Ecrevisse des torrents (Austropotamobius torrentium) qui de (re)dĂ©couverte rĂ©cente est extrĂŞmement rare et localisĂ©e. Elles sont toutes trois menacĂ©es et inscrites sur la Liste Rouge nationale, et, protĂ©gĂ©es. Si l’Ecrevisse Ă  pattes grĂŞles (Astacus leptodactylus) est originaire d’Asie, c’est aussi la plus proche de nos espèces gĂ©nĂ©tiquement. On trouve outre les trois espèces allochtones amĂ©ricaines dĂ©jĂ  citĂ©es, l’Ecrevisse juvĂ©nile (Orconectes juvenis) trouvĂ©e rĂ©cemment en Franche-ComtĂ©, et l’Ecrevisse calicot (Orcolenectes immunis) originaires aussi d’AmĂ©rique.

Certaines espèces allochtones sont porteur sain de la « Peste des Ă©crevisses Â» (Aphanomyces astaci) un champignon parasite de nos espèces indigènes qui peut conduire Ă  la disparition de populations entières.