30 novembre 2020

Ecrevisses

Les ancêtres des Ecrevisses sont décapodes océaniques à l’origine aussi d’espèces comme les Homards. Les Ecrevisses de l’hémisphère sud sont plus primitives, dans l’hémisphère nord, elles se divisent en deux ensembles, l’un américain avec les Cambaridés (cette famille est très diversifiée), l’autre eurasiatique avec les Astacidés.

Quand on parle désormais de pêche à l’Ecrevisse en France, de nos jour, c’est d’Ecrevisses d’origine américaine qu’il s’agit. Ce sont des Ecrevisses d’importation qui ont envahi nos rivières. Elles sont classées « nuisibles » et ne disposent pas de taille légale de capture, il s’agit même de ne pas le rejeter à l’eau. Mais attention aux confusions… On trouve l’Ecrevisse américaine (Orconectes limosus), l’Ecrevisse signal (Pacifasciatus leniusculus) et Procambarus clarki ou Ecrevisse de Louisiane. La pêche se fait selon diverses méthodes, la principale étant l’utilisation d’une balance à écrevisses.

On pourra être surpris sur un site lié à l’environnement et sa conservation de parler de pêche et en l’occurrence de manière positive. On soulignera que tout moyen de capture et de régulation des Ecrevisses d’origine américaine est propice à la conservation de l’environnement et à celle des Ecrevisses autochtones : concurrence avec les espèces autochtones, vectrices de maladies, déséquilibre environnemental, consommation excessive de larves de Libellules, etc. Diverses méthodes d’éradication des espèces sont actuellement testées.

Balance à Ecrevisses

Par contre il est démontré notamment au Portugal que ces espèces sont favorables au développement des populations de Loutres… et de Sangliers, grands consommateurs d’Ecrevisses. Sur ce point la situation ne semble pas très étudiée en France, mais des similitudes doivent exister. On sait par exemple qu’en Camargue, les Ecrevisses entrent dans 80% de l’alimentation des poussins du Héron gardeboeuf. Notons alors que les Ecrevisses concentrent volontiers les polluants comme les PCB et peuvent ainsi contaminer les chaines alimentaires et en particulier devenir défavorables aux prédateurs supérieurs, y compris les consommateurs, car il s’agit d’animaux très régulièrement cuisinés.

Depuis la fin du XIXe siècle la distribution des Ecrevisses en France a connu de profonds bouleversements : par la disparition de populations entières d’Ecrevisses indigènes (3 espèces) suite à des maladies et par adjonction de six espèces allochtones originaires d’Asie (1 espèce) ou d’Amérique du Nord (5 espèces). Si l’introduction des espèces américaines remonte pour certaines à plus de 150 ans, les années 2000, vraisemblablement sous le coup du réchauffement climatique a vu leur forte expansion, les espèces indigènes étant de plus en plus menacées. Nous connaissons en France neuf espèces dont trois déjà citées plus haut. Seulement trois sont indigènes : l’Ecrevisse à pied blanc (Austropotamobius pallipes), l’Ecrevisse à pattes rouges (Astacus astacus) et l’Ecrevisse des torrents (Austropotamobius torrentium) qui de (re)découverte récente est extrêmement rare et localisée. Elles sont toutes trois menacées et inscrites sur la Liste Rouge nationale, et, protégées. Si l’Ecrevisse à pattes grêles (Astacus leptodactylus) est originaire d’Asie, c’est aussi la plus proche de nos espèces génétiquement. On trouve outre les trois espèces allochtones américaines déjà citées, l’Ecrevisse juvénile (Orconectes juvenis) trouvée récemment en Franche-Comté, et l’Ecrevisse calicot (Orcolenectes immunis) originaires aussi d’Amérique.

Certaines espèces allochtones sont porteur sain de la « Peste des écrevisses » (Aphanomyces astaci) un champignon parasite de nos espèces indigènes qui peut conduire à la disparition de populations entières.