7 mars 2021

Une Chouette simplification de la taxonomie de l’Effraie des clochers

La Chouette effraie ou Effraie des clochers (Tyto alba (Scopoli, 1769)) (groupe) Ă©tait rangĂ©e en un grand nombre de sous-espèces dont une partie est dĂ©sormais reclassĂ© comme bonnes espèces, alors qu’une autre paraĂ®t abandonnĂ©e. Cet Oiseau, aussi nommĂ© la Dame blanche mesure de 32 Ă  40 cm de longueur pur un poids de 280 Ă  420 g et une envergure de 90 Ă  110 cm. Les femelles sont un plus grandes que les mâles. Son nom provient d’Orfraie (du latin ossifraga : casseur d’os), terme autrefois employĂ© pour quelques Rapaces diurnes initialement et utilisĂ©e sous Orfraie au XVIe siècle pour dĂ©signer un Rapace nocturne. Le verbe effrayer est alors venu influencer le nom qui est alors donnĂ© Ă  cette Chouette et se base sur son cri nocturne. Son vol est le plus silencieux de tous les Oiseaux de la planète.

La photographie d’introduction montre une Chouette effraie a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© de jour par Luc Viatour (©© bysa) dans les PyrĂ©nĂ©es en France le 15 juillet 2009 et est disponible sur Wikimedia commons.

On a sĂ©parĂ© (splitage) rĂ©cemment Tyto furcata en AmĂ©rique du Nord et du Sud ainsi que dans les Antilles, Tyto glaucops des Antilles, Tyto nigrobrunnea de Taliabu, Tyto rosenbergii des CĂ©lèbes, Tyto javanica du sud de l’Asie, l’IndonĂ©sie, l’Australie et quelques Ă®les du Pacifique, ainsi que Tyto deroepstorffi et Tyto delicatula. On trouve encore Tyto sororcula Ă  Madagascar, ou Tyto capensis en Afrique australie, Tyto novaehollandiae d’une part de la Nouvelle GuinĂ©e, en Australie et Tasmanie, etc. la situation paraissant particulièrement complexe entre le secteur des CĂ©lèbes et l’Australie avec près d’une dizaine d’espèces ou microtaxons plus ou moins clairement dĂ©finis. Les populations de Russie, Chine ou Japon restent Ă  dĂ©finir ; elles sont rĂ©putĂ©e appartenir Ă  l’espèce Tyto alba, mais ni plus ni moins que les autres populations dĂ©sormais splitĂ©es.

Pour l’Effraie proprement dite on conservera les sous-espèces suivantes : T.a.gracillirostris des Canaries et qui est au bord de l’extinction et T.a.thomensis de SĂŁo ThomĂ©. Sur le reste de l’aire une simplification a opĂ©rĂ© et on ne rencontre plus que le type avec des variations de plumage clair Ă  plumage plus foncĂ© au sein de mĂŞmes populations (phĂ©notypes).

La Chouette effraie est gĂ©nĂ©ralement sĂ©dentaire, dispersive, mais certaines populations migrent assez loin. Autrefois indiquĂ©e sur l’essentiel de la planète, diverses espèces sont dĂ©sormais indiquĂ©es (splitage important : voir plus haut). Elle est en Europe jusqu’en BiĂ©lorussie et l’ouest de l’Ukraine, dans les Ă®les britanniques, en MacaronĂ©sie, Afrique (sauf Sahara), l’ouest de la Turquie, le Moyen Orient, la PĂ©ninsule arabique. Cette espèce a dĂ©clinĂ© depuis le XIXe siècle, localement de manière significative : 50% en Angleterre et en Irlande ou cours des dernières dĂ©cennies par exemple. PrĂ©sente dans l’ensemble de la France, Corse comprise, rare ou absente en altitude. On compte en France entre 20.000 et 50.000 couples. Dans ce pays l’espèce est protĂ©gĂ©e en tant qu’Oiseau utile Ă  l’agriculture depuis 1902, mais ce n’est que depuis 1972 que sa chasse n’est plus autorisĂ©e. On connaĂ®t des oiseaux dès le PalĂ©olitique (1,2 Ma – 9500 BP) dans le pays, en particulier dans le Sud-Ouest

Elle vit dans les campagnes, cherchant les espaces ouverts propices Ă  la chasse. Elle niche dans de grands Ă©difices, d’anciennes granges, les clochers d’Ă©glises, quelques pigeonniers ainsi que relativement facilement dans des nichoirs adaptĂ©s.
Il y a gĂ©nĂ©ralement deux pontes annuelles au printemps et en Ă©tĂ©. Les pontes peuvent correspondre jusqu’Ă  15 Ĺ“ufs si la nourriture est abondante, mais elle est plus gĂ©nĂ©ralement de 4 Ă  6 Ĺ“ufs. Ceux-ci sont couvĂ©s environ un mois et les Ă©closions s’Ă©talent sur une Ă  deux semaines si bien que la taille des poussins est très disparate. Les jeunes s’envolent vers l’âge de 2 mois. La longĂ©vitĂ© est d’une dizaine d’annĂ©es, avec des records allant jusqu’Ă  21 ans. Le trafic routier est une cause de dĂ©cès sont très importants chez cette espèce (40-70%). 10.000 Ă  20.000 oiseaux meurent par ce biais en France chaque annĂ©e. Elle se nourrit de Micromammifères essentiellement des Rongeurs (70%) comme des Campagnols, des Mulots et de manière significative aussi des Musaraignes (26%). Elle peut aussi capturer exceptionnellement quelques Oiseaux (3%), des Amphibiens (1%), de gros Insectes (0,7%) et des Chauves-souris (0,1%) et plus exceptionnellement encore des Belettes (0,1‰) ou des Lapins (0,1‰).