30 novembre 2020

Une Chouette simplification de la taxonomie de l’Effraie des clochers

La Chouette effraie ou Effraie des clochers (Tyto alba (Scopoli, 1769)) (groupe) était rangée en un grand nombre de sous-espèces dont une partie est désormais reclassé comme bonnes espèces, alors qu’une autre paraît abandonnée. Cet Oiseau, aussi nommé la Dame blanche mesure de 32 à 40 cm de longueur pur un poids de 280 à 420 g et une envergure de 90 à 110 cm. Les femelles sont un plus grandes que les mâles. Son nom provient d’Orfraie (du latin ossifraga : casseur d’os), terme autrefois employé pour quelques Rapaces diurnes initialement et utilisée sous Orfraie au XVIe siècle pour désigner un Rapace nocturne. Le verbe effrayer est alors venu influencer le nom qui est alors donné à cette Chouette et se base sur son cri nocturne. Son vol est le plus silencieux de tous les Oiseaux de la planète.

La photographie d’introduction montre une Chouette effraie a été réalisé de jour par Luc Viatour (©© bysa) dans les Pyrénées en France le 15 juillet 2009 et est disponible sur Wikimedia commons.

On a séparé (splitage) récemment Tyto furcata en Amérique du Nord et du Sud ainsi que dans les Antilles, Tyto glaucops des Antilles, Tyto nigrobrunnea de Taliabu, Tyto rosenbergii des Célèbes, Tyto javanica du sud de l’Asie, l’Indonésie, l’Australie et quelques îles du Pacifique, ainsi que Tyto deroepstorffi et Tyto delicatula. On trouve encore Tyto sororcula à Madagascar, ou Tyto capensis en Afrique australie, Tyto novaehollandiae d’une part de la Nouvelle Guinée, en Australie et Tasmanie, etc. la situation paraissant particulièrement complexe entre le secteur des Célèbes et l’Australie avec près d’une dizaine d’espèces ou microtaxons plus ou moins clairement définis. Les populations de Russie, Chine ou Japon restent à définir ; elles sont réputée appartenir à l’espèce Tyto alba, mais ni plus ni moins que les autres populations désormais splitées.

Pour l’Effraie proprement dite on conservera les sous-espèces suivantes : T.a.gracillirostris des Canaries et qui est au bord de l’extinction et T.a.thomensis de São Thomé. Sur le reste de l’aire une simplification a opéré et on ne rencontre plus que le type avec des variations de plumage clair à plumage plus foncé au sein de mêmes populations (phénotypes).

La Chouette effraie est généralement sédentaire, dispersive, mais certaines populations migrent assez loin. Autrefois indiquée sur l’essentiel de la planète, diverses espèces sont désormais indiquées (splitage important : voir plus haut). Elle est en Europe jusqu’en Biélorussie et l’ouest de l’Ukraine, dans les îles britanniques, en Macaronésie, Afrique (sauf Sahara), l’ouest de la Turquie, le Moyen Orient, la Péninsule arabique. Cette espèce a décliné depuis le XIXe siècle, localement de manière significative : 50% en Angleterre et en Irlande ou cours des dernières décennies par exemple. Présente dans l’ensemble de la France, Corse comprise, rare ou absente en altitude. On compte en France entre 20.000 et 50.000 couples. Dans ce pays l’espèce est protégée en tant qu’Oiseau utile à l’agriculture depuis 1902, mais ce n’est que depuis 1972 que sa chasse n’est plus autorisée. On connaît des oiseaux dès le Paléolitique (1,2 Ma – 9500 BP) dans le pays, en particulier dans le Sud-Ouest

Elle vit dans les campagnes, cherchant les espaces ouverts propices à la chasse. Elle niche dans de grands édifices, d’anciennes granges, les clochers d’églises, quelques pigeonniers ainsi que relativement facilement dans des nichoirs adaptés.
Il y a généralement deux pontes annuelles au printemps et en été. Les pontes peuvent correspondre jusqu’à 15 œufs si la nourriture est abondante, mais elle est plus généralement de 4 à 6 œufs. Ceux-ci sont couvés environ un mois et les éclosions s’étalent sur une à deux semaines si bien que la taille des poussins est très disparate. Les jeunes s’envolent vers l’âge de 2 mois. La longévité est d’une dizaine d’années, avec des records allant jusqu’à 21 ans. Le trafic routier est une cause de décès sont très importants chez cette espèce (40-70%). 10.000 à 20.000 oiseaux meurent par ce biais en France chaque année. Elle se nourrit de Micromammifères essentiellement des Rongeurs (70%) comme des Campagnols, des Mulots et de manière significative aussi des Musaraignes (26%). Elle peut aussi capturer exceptionnellement quelques Oiseaux (3%), des Amphibiens (1%), de gros Insectes (0,7%) et des Chauves-souris (0,1%) et plus exceptionnellement encore des Belettes (0,1‰) ou des Lapins (0,1‰).